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Marie, Fleur de la Virginité

Marie, dit l'Église grecque, est une fleur virginale de sa nature ; elle est la beauté de l'innocence fleurissant par une opération divine (Antholog. die 8 septembris). Sophronius l'appelle une fleur d'innocence (In Thesauro hymol.). Saint Théodore Studite s'écrie (Orat. 2 in Nativ. Deiparæ) : « Je vous salue, ô fleur plus suave et plus belle par tout genre de vertus que par l'harmonie la plus variée des couleurs ! »

Considérons en Marie, dit saint Bonaventure, la fleur de la précieuse virginité (Speculum B. Mariæ Virg., lect. 12). Isaïe dit de cette fleur : « Le désert se réjouira, la solitude sera dans l'allégresse et fleurira comme un lis » : Lætabitur deserta, et exultabit solitudo, et florebit quasi lilium (Is XXXV, 1). Marie est, à juste titre, comparée à la solitude, car elle l'aima toujours, et l'ange l'y trouva avec joie. C'est pourquoi saint Ambroise dit très-bien (Lib. 2 Comment. In Luc., cap. 1) : « L'ange, qui était seul, trouve, dans le lieu le plus retiré où aucun homme n'entrait, la Vierge seule, seule sans compagnie, seule sans témoin. »

Comment cette solitude, comment la Vierge Marie est-elle dans l'allégresse ? Qu'elle le dise elle-même, écoutons-la : « Mon esprit a tressailli d'allégresse en Dieu mon Sauveur » : Exultavit spiritus meus in Deo salutari meo (Lc I, 47). Cette terre solitaire a fleuri comme le lis par sa virginité. Ô fleur angélique ! Ô fleur céleste ! La fleur de la virginité a autant de feuilles que la virginité a de privilèges. Oh ! Que de branches virginales sont sorties de l'arbre sans tache de Marie ! Ce qui fait dire à saint Ambroise (De Virginitate) : « Marie, fleur virginale, réunit ensemble de toutes les parties du monde des couronnes incorruptibles et les place au ciel. »