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J’ai soif

(Manuscrit A, 45v° et 46v°, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus)

Un dimanche, en regardant une photographie de Notre-Seigneur en Croix, je fus frappée par le sang qui tombait d’une de ses mains divines, j’éprouvais une grande peine en pensant que ce sang  tombait à terre sans que personne ne s’empresse de le recueillir, et je résolus de me tenir en esprit au pied de la Croix pour recevoir la divine rosée qui en découlait, comprenant qu’il me faudrait ensuite la répandre sur les âmes.Le cri de Jésus sur la Croix retentissait  aussi continuellement dans mon cœur : « J’ai soif ! » Ces paroles allumaient en moi une ardeur inconnue et très vive. Je voulais  donner à boire à mon Bien-Aimé et je me sentais moi-même dévorée de la soif des âmes. C’était un véritable échange d’amour ; aux âmes, je donnais le Sang de Jésus, à Jésus, j’offrais les âmes rafraichies par sa Rosée Divine, ainsi il me semblait le désaltérer et plus je lui donnais à boire, plus la soif de ma pauvre petite âme augmentait et c’était cette soif ardente qu’il me donnait comme le plus délicieux breuvage de son amour.