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Méditation pour le premier vendredi de chaque mois

Sur les sentiments du Cœur de Jésus-Christ, à la vue de l'ingratitude des hommes, et des outrages auxquels l'amour extrême qu'il a eu pour ces mêmes hommes l'a exposé.

On peut se représenter l'état pitoyable où se trouva réduit le Fils de Dieu au Jardin des Oliviers, lorsqu'il permit à son imagination de lui représenter avec toute la vivacité possible, et avec toutes les circonstances les plus affligeantes, la grandeur et l'indignité des tourments et des opprobres qu'il devait endurer de trois sortes de personnes jusqu'à la fin des siècles : des Juifs qui ne voulaient pas le reconnaître ; des Hérétiques qui le reconnaissant, ne voudraient point croire ses bienfaits ; et des Fidèles mêmes qui les croyant, ne les payeraient que d'ingratitude. C'est à cette vue qu'il commença à craindre, comme dit l'Évangile, à s'ennuyer et à être triste ; et qu'enfin il tomba dans une espèce d'agonie, ne recevant aucune consolation de personne, non pas même de ses plus fidèles Disciples, auxquels il s'en plaignit lorsqu'il leur dit : Mon âme est triste jusqu'à la mort ; et vous m'abandonnez, me voyant réduit à un si pitoyable état ! Imaginons-nous que c'est à nous que Jésus-Christ fait cette plainte.

Ier POINT

Les sentiments du Cœur de Jésus-Christ à la vue des tourments qu'il devait souffrir par la cruauté des Juifs.

Considérez quels furent les sentiments de Jésus-Christ, lorsqu'il se représenta distinctement, d'un côté, les bienfaits singuliers dont il avait comblé ce peuple, et de l'autre, les cruautés et les outrages qu'il allait recevoir de ce même peuple, après tant de bienfaits. Toutes les grâces qui avaient précédé sa venue ne leur avaient été données qu'en vue des mérites de Jésus-Christ. C'était particulièrement pour cette nation que le Fils de Dieu s'était Incarné, c'était chez elle, préférablement à toute autre, qu'il avait choisi ses Parents et ses Amis, qu'il avait fait ses miracles, qu'il avait prêché sa doctrine ; et pour tant de bienfaits il ne reçoit que dureté, que persécution, et qu'opprobres. On lui refuse le couvert lorsqu'il est sur le point de naître ; il n'est pas plus tôt né, qu'il est obligé de chercher un asile chez des étrangers. Combien indignement a-t-Il été traité pendant toute sa vie ? Mais que n'a-t-Il pas souffert à sa mort ? On le saisit comme un voleur, on le traîne comme un scélérat par les mêmes rues, par où il avait été conduit peu de jours auparavant en triomphe comme le Messie. On le soufflette comme un insolent chez Caïphe, on le couvre de crachats comme un blasphémateur ; on le traite de faquin, et de Roi de théâtre, étant pendant toute une nuit le jouet d'une canaille insolente qui lui fait mille outrages. Il est traité par Hérode comme un fou et un insensé ; il est condamné au fouet comme un misérable esclave, auquel on préfère un scélérat, comme moins méchant que lui ; enfin condamné à la mort la plus ignominieuse et cloué à une Croix où il expire à la vue d'une multitude infinie de gens, dont la plupart avaient été témoins de ses miracles, et même en faveur de qui il les avait faits, sans que parmi ce grand peuple il s'en trouve un seul qui se déclare pour lui, qui lui porte seulement compassion. Ils passent même de l'insensibilité jusqu'au mépris, et du mépris jusqu'à l'horreur et à l'exécration. Mais n'est-ce point qu'on se trompe ? Non, on ne se trompe point, on sait combien sa vie a toujours été irréprochable, sainte, exemplaire, miraculeuse, bienfaisante et pleine de merveilles ; et c'est pour cela même qu'on le persécute, etc.

Tout cela se présenta clairement et distinctement à Jésus-Christ, il connut parfaitement la dignité de sa Personne, la grandeur de ses bienfaits, le désintéressement de son amour, et l'indignité, la bassesse, la rage, et la malice de ceux qui le traitèrent avec tant de cruauté.

Une grande âme, surtout quand elle est possédée d'un grand amour, et qu'elle espère en souffrant de faire connaître sa passion, est capable de se dévouer de plein gré aux supplices : mais plus on a de générosité et de tendresse, plus on a de peine à supporter l'injustice et l'ingratitude, surtout quand on se voit sacrifié à l'envie de ses ennemis, et trahi par ceux de qui on avait lieu d'attendre du secours dans sa disgrâce, et quand on voit que tout ce qu'on souffre de plus épouvantable dans sa disgrâce, n'est pas capable de leur inspirer le moindre sentiment de compassion.

Jamais homme ne se représenta les choses dans toutes les circonstances plus fortement et plus distinctement que Jésus-Christ. Jamais homme n'eut un cœur plus généreux, ni par conséquent plus sensible à l'ingratitude. De quel torrent d'amertume ce Sacré-Cœur fut alors inondé, se représentant ce qu'il avait fait pour ce peuple, et ce que ce peuple allait faire contre lui ! Jugeons nous-mêmes, nous qui sommes si sensibles au moindre mépris, surtout quand il vient de la part de ceux que nous avons le plus obligés, jugeons quels ont dû être les sentiments de Jésus-Christ à la vue de ce spectacle.

Il a fallu que la douleur dont son Cœur fut comme accablé ait été bien cruelle, puisque c'est le seul tourment de la Passion dont Jésus-Christ se soit plaint.

Mon âme est triste jusqu'à la mort, dit-il à ses Disciples, et vous m'abandonnez, me voyant réduit dans un si pitoyable état !

Attendite et videte si est dolor sicut dolor meus (Lm I, 12) ? Considérez et voyez s'il y a une douleur qui égale la mienne ?

Ô ingratitude ! Ô cruauté ! Et dans un accablement si prodigieux, dans une tristesse mortelle, nulle consolation ! Generatio prava atque perversa, hæccine reddis Domino, popule stulte et insipiens (Dt XXXII, 6) ? Hommes ingrats, Chrétiens insensibles, est-ce là la reconnaissance que vous avez pour votre Sauveur et pour votre Dieu ?

Non, non, Seigneur, il ne sera pas dit que vous soyez si universellement délaissé, il ne sera pas dit que vous ne trouviez personne qui prenne part à votre douleur. Je demande. Seigneur, que vous fassiez couler de votre Cœur dans le mien, une goutte de ce torrent d'amertume dont le Vôtre fut inondé à la vue de tant d'ingratitudes et d'opprobres, afin que si je ne suis pas assez heureux pour effacer mes péchés par l'effusion de tout mon sang, j'en sois au moins assez affligé pour les laver continuellement par mes larmes, etc.

IIème POINT

Les sentiments du Cœur de Jésus-Christ à la vue des outrages qu'il devait souffrir par la malice des Hérétiques.

Considérez que le second objet de cette crainte et de cette tristesse épouvantable, où se trouva, pour ainsi dire, abîmé le Cœur du Fils de Dieu, fut le nombre des injures et des outrages qu'il devait endurer par la malice des Hérétiques jusqu'à la fin des siècles ; et que son imagination lui représenta avec toutes les circonstances les plus affligeantes, sans lui en diminuer ou lui en cacher aucune. Il n'est rien de plus sensible à un cœur généreux que l'ingratitude, surtout quand elle est accompagnée du dernier mépris : mais de toutes les ingratitudes, la plus noire est celle par laquelle, non seulement on ne répond point aux bienfaits qu'on a reçus, mais on nie même qu'on ait jamais reçu ces bienfaits, afin d'avoir par là toute la liberté de maltraiter son bienfaiteur, sans prétendre de passer pour ingrat. Jésus-Christ connut distinctement alors qu'il se trouverait des Chrétiens en certains temps, et en grand nombre, qui renouvelleraient sur son sacré Corps, dans l'adorable Eucharistie, tous les outrages dont la malice des Démons pourrait être capable, et qui pour avoir toute la liberté d'exercer sur lui leur fureur et leur rage, pousseraient leur malice jusqu'à ce point que de nier dans l'adorable Eucharistie, la présence réelle du Corps de Jésus-Christ.

Aurait-on jamais cru les hommes capables d'une si noire malice, et peut-on s'imaginer un mépris plus affligeant que de voir qu'on se sert de la plus éclatante marque du plus grand amour pour outrager jusqu'à l'excès celui qui nous a tant aimés ? L'imagination représenta distinctement alors à Jésus-Christ tout ce qui est arrivé en ces derniers siècles. Il vit ses Temples profanés, ses Autels démolis, ses Prêtres égorgés, et son Corps adorable traîné par terre, foulé aux pieds, et devenu l'objet de la raillerie et de l'insolence des plus grands scélérats, et l'horreur et l'exécration de tant d'impies.

Quels durent être les sentiments de ce Cœur tendre et généreux ! Fallait-il, Seigneur, fallait-il faire un si grand miracle pour fournir aux hommes un moyen de vous traiter si indignement ? Fallait-il, par un excès d'amour, demeurer avec eux jusqu'à la fin des siècles, pour être jusqu'à la fin des siècles l'objet de leur mépris et de leur rage ? Une telle image ne suffit-elle pas pour faire sécher un cœur de tristesse et de douleur ? Est-ce donc vous, ô Roi de gloire, que je vois en tant d'endroits, couvert d'opprobres et d'ignominie ? Est-ce vous, Dieu de Majesté, devant qui les Séraphins s'abîment de respect, que je vois si insolemment traité par de misérables vers de terre ? Est-ce vous enfin, l'objet de la complaisance du Père Éternel, qui êtes devenu un objet d'horreur et d'exécration à vos créatures, à vos esclaves, à vos propres enfants ? Et tout cela pour les avoir trop aimés !

Eût-on jamais pu s'imaginer. Seigneur, qu'il y eût dans des hommes un excès de malice qui répondît à l'excès de votre bonté ; un excès d'ingratitude qui répondît, pour ainsi dire, à l'excès de l'amour dont vous nous avez aimés ?

Mais, mon aimable Sauveur, n'irais-je point au-delà même de cet excès d'ingratitude si, considérant les sentiments que vous avez dû avoir à la vue de ces cruelles ingratitudes, j'étais moi-même insensible à votre douleur ?

C'est bien en cet endroit, Seigneur, que je vous découvre tel que vous a dépeint votre Prophète : Novissimum virorum, virum dolorum (Is LIII, 3). Les Hérétiques vous ont traité comme le dernier et le plus méprisé de tous les hommes, et ils ont accompli la Prophétie qui disait que vous seriez rassasié d'opprobres : Saturabitur opprobriis (Lm III, 30). Mais, mon Dieu, ces Hérétiques, ces enfants dénaturés, ces impies, ne seront-ils jamais eux-mêmes rassasiés de vous traiter si insolemment et avec tant d'outrages ? Et moi, ne serai-je jamais touché de vous voir si maltraité ?

Cette funeste image, cette vue vous a fait suer jusqu'au sang ; je vous demande qu'elle me touche jusqu'aux larmes, et que si mon cœur ne peut pas sentir la même douleur qui accablait le Vôtre, que la honte que j'ai d'être si insensible à vos peines, supplée du moins en quelque manière à mon insensibilité.

IIIème POINT

Les sentiments du Cœur de Jésus-Christ à la vue de l'ingratitude de la plupart des Fidèles.

Considérez que ce ne fut pas un objet moins affligeant, et moins triste pour Jésus-Christ, de voir l'ingratitude de la plupart des Fidèles mêmes, qui n'auraient que de la froideur, de l'indifférence et de l'oubli pour cet aimable Sauveur. Il vit alors le peu d'estime, pour ne pas dire le mépris, qu'on ferait de la plus grande preuve de son ardent amour ; il vit que quoi qu'il ait fait pour être aimé des Fidèles, et pour être sans cesse avec eux, en instituant l'adorable Eucharistie, ni ces excès d'amour, ni ses bienfaits, ni sa présence même ne seraient pas capables de les engager à l'aimer, de les empêcher même de l'oublier. Il se représenta ces Eglises où il réside la plus grande partie du temps sans adorateurs ; il se représenta avec combien peu de respect et avec quelle immodestie on se tiendrait en sa présence ; il vit distinctement combien il se trouverait de gens qui, perdant les heures entières à de vains amusements, ou à des visites inutiles, de gens qui, vivant la plupart du temps dans l'oisiveté, ne trouveraient jamais le loisir, ou pour mieux dire, ne seraient presque jamais d'humeur à passer un quart d'heure au pied de ses Autels ; enfin de gens qui ne peuvent se résoudre à lui rendre visite, et qui à peine le vont-ils adorer fort froidement une seule fois en huit jours ; Il connut combien d'autres le visiteraient sans dévotion, et combien d'irrévérences et de pures grimaces dans ces visites ; enfin combien peu qui s'empresseraient à lui faire la cour. Cet aimable Sauveur connut clairement que la plupart ne se mettraient pas plus en peine de lui que s'Il n'était pas sur la terre, ou que si étant sur la terre, il ne fût pas ce qu'il est dans le Ciel.

Que les Juifs, que les Gentils, que les Hérétiques mêmes, n'aient pour lui que de la dureté et du mépris, leur mauvais traitement lui était fort sensible : mais enfin ce sont ses ennemis déclarés, et que doit-on attendre d'un ennemi ? Mais que ceux qui avouent et qui reconnaissent ses bienfaits, que ce petit troupeau qui fait profession de lui être fidèle, que ses propres enfants soient insensibles à ses bienfaits, et ne soient point touchés de compassion à la vue de la douleur que lui causaient tant de mépris, qu'ils le méprisent eux-mêmes à leur tour par leurs irrévérences et par leurs sacrilèges, l'eût-on cru possible ? Si des Païens, si des Turcs, si des Impies de profession, pourrait dire cet aimable Sauveur, avaient vomi contre moi des injures, je l'eusse souffert sans me plaindre : Si inimicus meus maledixisset mihi, sustinuissem utique (Ps LIV, 3) ; mais que des Chrétiens, que des Catholiques, dont je n'ai pas seulement été Rédempteur, mais dont je suis encore tous les jours la nourriture, que mes propres enfants n'aient pour moi que de l'indifférence, qu'ils me traitent même avec mépris, c'en est trop, mille fois trop ! Tu vero homo unanimis... qui simul mecum dulces capiebas cibos (Ibid.) !

À cette vue, à cette pensée, quels furent les sentiments du Cœur de Jésus-Christ, c'est-à-dire, du Cœur le plus généreux et le plus tendre qui fût jamais, d'un Cœur passionné pour le cœur des hommes, et qui ne trouvait dans le cœur de ces mêmes hommes que froideur, que dureté, que rebut ?

Super omnes inimicos meos, dit-il par son Prophète, factus sum opprobrium (Ps XXX, 12). Ce n'était pas assez d'être devenu le jouet et la fable de mes ennemis ; si du moins au milieu des opprobres dont j'ai été couvert, j'eusse trouvé un grand nombre de serviteurs et d'amis fidèles ! Mais c'est tout le contraire.

Qui videbant me, foras fugerunt a me (Ibid.). On ne m'a pas plus tôt vu déguisé sous les faibles apparences du pain, où l'excès de mon amour m'a réduit pour avoir le plaisir d'être sans cesse auprès des hommes, qu'on s'est éloigné encore plus de moi, on m'a délaissé, on m'a oublié comme une personne qui n'a point de place dans leur cœur : Oblivioni datus sum tanquam mortuus a corde (Ibid.).

Mais cet aimable Sauveur, en se représentant tout ceci, n'exagérait-il point le sujet et l'objet de sa douleur et de sa tristesse ? Cette image affreuse qui lui représentait tant de tourments, tant d'opprobres, de si grands outrages et une si étrange insensibilité dans le cœur de tant de Chrétiens, cette image ne le trompait-elle point ? Est-il bien vrai qu'on ait traité Jésus-Christ de la sorte ? Est-il bien vrai qu'on ait été insensible en voyant Jésus-Christ si maltraité ?

Hélas ! Je n'ai qu'à considérer quels sont maintenant mes propres sentiments, et quand tout le monde aurait été touché, ne suis-je pas un prodige d'insensibilité si, considérant tout ceci, je suis encore à présent insensible ?

Ah Seigneur ! Puis-je penser à tout cela et faire réflexion en même temps que c'est un Dieu qui, dans cette tristesse épouvantable où son Cœur est comme abîmé à la vue de tant d'opprobres et de tourments ; puis-je faire réflexion, dis-je, que c'est un Dieu qui accepte de plein gré et qui souffre, et ces opprobres et ces tourments pour moi, sans que je meure ou de douleur ou d'amour ?

Si un homme, si un esclave, avait enduré la centième partie de ce que Jésus-Christ a enduré et endure encore tous les jours sur nos Autels pour l'amour de nous, nous ne pourrions-nous défendre de l'aimer, d'avoir de la reconnaissance pour lui, de lui donner au moins des marques de compassion, et de dire quelquefois  : Après tout, ce pauvre malheureux m'aimait, et il ne serait pas si malheureux s'il ne m'avait aimé ! Il n'y aura donc que les témoignages d'amour de Jésus-Christ crucifié et mourant pour nous, de Jésus-Christ encore tous les jours oublié, méprisé dans l'adorable Eucharistie, tous les jours maltraité pour l'amour de nous, à quoi nous soyons insensibles, que nous ne payons que de froideur et d'ingratitude ? Quelle dureté ! Quelle insensibilité ! Le cœur de l'homme est-il capable d'un tel excès !

Hélas, Seigneur ! Il n'en est que trop capable, et il ne le fera que trop voir, si ce même amour qui vous a obligé de vous exposer à tant d'indignités et à tant d'outrages pour lui, ne vous oblige d'amollir la dureté et d'échauffer la froideur de ce cœur ingrat, pour le rendre sensible à vos outrages, et susceptible de votre amour. Car, hélas ! Que me serviraient tous les prodiges que vous avez faits, et tous les tourments que vous avez soufferts, qu'à m'endurcir et à me rendre plus criminel, si je n'en suis touché, si je n'en suis reconnaissant, si je ne vous en aime davantage ?

Comme j'espère, Seigneur, que vous ne me refuserez pas votre grâce, je fais dès ce moment une forte résolution de vous donner désormais des preuves certaines de mon amour et de ma juste reconnaissance. J'ai été jusqu'ici insensible à vos bienfaits, insensible à vos souffrances, indifférent à votre égard, quoique je sache que vous êtes sans cesse avec nous. J'ai grand sujet, mon aimable Sauveur, de me défier beaucoup de mes belles résolutions et de mes promesses, ayant été jusqu'ici si peu constant, et si infidèle à votre service ; mais il me semble que votre miséricorde m'inspire à présent plus de courage et que je serai désormais plus constant et plus fidèle dans la promesse que je vous fais, de vous témoigner par mon respect en votre présence, par mes fréquentes visites et par mon assiduité à vous faire la cour, de vous témoigner, dis-je, la Dévotion sincère que j'ai à votre Sacré Cœur, et le désir ardent que je sens de réparer autant qu'il me sera possible, le reste de mes jours, par mon amour, par mon respect et par toute sorte d'hommages, tous les mépris et tous les outrages que vous avez soufferts dans l'adorable Eucharistie, aussi bien que l'oubli et l'indifférence étrange qu'on a pour votre adorable Personne dans le très Saint Sacrement.

Diligam te, Domine, fortitudo mea, Dominus firmamentum meum et refugium meum (Ps XVII, 1).