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Méditation pour le quatrième vendredi de juin

Et exierunt Pharisæi, et cœperunt conquirere cum eo, quærentes ab illo signum de cælo tentantes eum. Et ingemiscens spiritu, ait : Quid generatio ista signum quærit ? (Mc VIII, 11-12).

Les Pharisiens le vinrent trouver et lui demandèrent pour le tenter, qu'il leur fît voir quelque prodige du ciel ; mais Jésus jetant un soupir du fond du Cœur leur dit : Pourquoi ces gens-là demandent-ils un prodige ? (Mc VIII, 11-12).

Que ce soupir fait de reproches, et que ces reproches sont bien fondés ! Ce Sacré Cœur ressent extrêmement l'insensibilité et la malice des Pharisiens. Il n'y avait pas une seule Ville ni un seul Bourg par où Jésus-Christ eût passé qui ne publiassent ses merveilles : eux-mêmes avaient pu en être cent fois les témoins. Mais quand on n'aime pas ceux qui font ces prodiges, on est peu touché de ce qu'on voit et de ce qu'on entend. Il faut bien que nous aimions peu Jésus-Christ, puisque le plus grand et le plus aimable de tous les miracles, qui est celui de l'Eucharistie, nous touche si peu. Mais en ceci, mon aimable Sauveur, notre insensibilité n'est-elle pas elle-même un prodige capable de nous toucher ? C'en est un, mon divin Sauveur, capable de tirer sans cesse des soupirs de votre Cœur, s'il était encore en état d'être pressé de douleur et de tristesse. Mais, mon Dieu, le mien est capable et de douleur et de tristesse ; faites qu'il ressente du moins fortement désormais le peu d'honneur qu'il vous rend, et le tort qu'il se fait.