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Méditation pour le quatrième vendredi de juillet

Qui manducat mecum panem levabit contra me calcaneum suum […] Cum hæc dixisset Jesus, turbatus est spiritu et protestatus est, et dixit : Amen, amen, dico vobis, quia unus ex vobis tradet me. (Jn XIII, 18 et 21).

Celui qui mange du pain avec moi lèvera le pied contre moi Jésus ayant dit ces choses se troubla en son esprit, leur déclara ce qui lui devait arriver, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis : un de vous me trahira. (Jn XIII, 18 et 21).

Il fallait un grand sujet de douleur pour troubler un Cœur aussi intrépide que celui de Jésus-Christ. Mais le mépris qu'on fait du très Saint Sacrement de l'Autel, lui est un sujet de douleur des plus sensibles et qu'il ne saurait dissimuler. Ce divin Sauveur allait instituer le très Saint Sacrement ; son amour le sollicite, le presse, mais son esprit lui représente distinctement tous les outrages auxquels ce Mystère l'allait exposer. Ce triste objet jette son Cœur dans un abîme d'affliction ; il voit, et ces hérétiques qui, ne voulant pas croire qu'il nous ait aimés jusqu'à cet excès, se serviront de cet excès d'amour pour lui faire les plus cruels outrages, et ces impies qui, faisant profession de le croire, commettront de si horribles sacrilèges. Si ce divin Sauveur avait fait pour les démons la centième partie de ce qu'il a fait pour les hommes, en serait-il aussi maltraité ? Hé quoi, mon divin Sauveur ! Ces indignités et ces ingratitudes ont pu vous troubler et n'en serai-je jamais touché moi-même ?