ICRSP

Rappel à Dieu de Monsieur le Doyen André Clément

Lettre du chanoine Paul-Antoine Lefèvre, Vice-recteur du séminaire et ancien élève de M. Clément

M. le Doyen André Clément

C'est avec une très grande émotion que nous avons appris que ce vendredi 27 mars, M. le Doyen Fondateur de l’IPC André Clément a rendu son âme à Dieu.

Le chanoine Jayr et moi-même devons toute notre formation philosophique à la Faculté Libre de Philosophie comparée ; depuis 1995, c'est cette Faculté qui nous envoie des professeurs de philosophie. M. André Clément est venu lui-même à Gricigliano pendant de nombreuses années pour donner des cours aux séminaristes; notre dette de reconnaissance est immense.

Nous prions bien pour le repos de son âme, nous adressons à Dieu une immense action de grâce pour avoir eu l'honneur de l'avoir si près de nous.

Au séminaire, il a pu donner plusieurs conférences, notamment sur l'Assomption de la Très Sainte Vierge, œuvre de la piété du Fils; sur Charles Maurras ; sur saint Thomas d'Aquin.

M. Clément venu donner des conférences au séminaire

Les grands traits de la vie de M. Clément

Rencontre avec Marthe Robin - 1949

Grâce à son frère Marcel Clément, il découvre Marthe Robin et les Foyers de Charité. Cette amitié spirituelle décisive va orienter toute sa vie.

Découverte de Saint Thomas : départ au Canada

La même année : départ au Canada pour suivre des études de philosophie selon Saint Thomas d’Aquin à l’Université Laval de Montréal avec comme professeur Charles De Koninck qui sera un maître désormais incontournable.

La dévotion au Sacré-Cœur :

Parallèlement à ses études, André Clément découvre en la personne d’un saint prêtre (le père Lelièvre, sa cause de béatification est à Rome), la dévotion au Sacré-Cœur. Désormais, toute sa vie sera guidée par le Cœur Sacré de Jésus et au service de la Vérité.

Repas festif en présence de M. Clément au séminaire

Retour en France : patience…

Son doctorat canonique en poche, André Clément revient en France avec un rêve : pouvoir à son tour transmettre la Vérité en enseignant la philosophie réaliste en disciple du « docteur angélique ».

Il faudra plus de 10 ans pour que ce rêve devienne réalité. Cependant il va œuvrer entre temps, et il le fera toute sa vie, pour la formation et l’éducation des jeunes et des moins jeunes.

  • Entre 1954 et 1956 : service militaire : organisation de la formation des jeunes appelés,
  • De 1957 à 1963 : travail en collaboration avec Marcel Clément dans un centre de formation en lien avec le monde agricole,
  • De 1965 à 1969 : organisation du collège des métiers pour les Compagnons du Devoir. Cette période est très fortement ancrée dans son cœur, et il a souvent développé cette réflexion sur le rapport entre la main et la pensée, chassant ainsi toute tentation d’intellectualisme.
  • Son espérance est de pouvoir créer un jour une faculté dont l’enseignement serait mesuré par le réel et qui serait une réponse pour le monde d’aujourd’hui (abordant toutes les questions concrètes touchant à l’homme et à la vie, y compris dans les domaines de la science, de la politique, de l’éthique, de la famille etc..)

Amitié bénédictine

Rencontre avec le T.R.P. Dom Jean Roy, Abbé de Fontgombault, dont l’amitié lui permet de découvrir en profondeur la spiritualité de la Règle bénédictine.

Il participe ainsi avec son frère Marcel à la fondation de l’Association S. Benoît Patron de l’Europe. Il participera ensuite régulièrement aux congrès annuels.

Son rêve et sa vocation se réalise : Fondation de L'IPC (Institut de Philosophie Comparée au réel) qui deviendra Faculté de Philosophie Comparée

Les événements de 1968 en France et tous les bouleversements sociaux et universitaires qui suivent lui donnent l’occasion (difficile) de se lancer dans les nobles combats avec quelques amis et le rêve se matérialise :

En 1969, il peut enfin fonder la Faculté Libre de Philosophie Comparée.

Avec sa Foi inébranlable (enracinée dans « une tradition française de 1500 ans de christianisme » comme il aime à dire), son désir ardent de transmettre la Vérité et son amour pour Notre Seigneur comme seules richesses, une épouse dévouée, sa plus fidèle collaboratrice, 5 enfants et 12 élèves, l’IPC est alors créée.

Le nombre des élèves n’a cessé de croître, les anciens de la Faculté Libre de Philosophie Comparée se déploient dans les domaines de l’éducation, du journalisme, de la politique, de l’écriture, de la formation, de l’entreprise, de la communication, de la vie consacrée etc.

Le pari est réussi et la jeunesse intellectuelle trouve depuis 1969 un lieu de formation philosophique unique salué par le pape saint Jean-Paul II en 1990.

Ce dernier en le recevant a encouragé Monsieur le Doyen et demandé avec insistance au monde universitaire de poursuivre le développement de la pensée de saint Thomas comme base de la formation des jeunes, de la réflexion et de la théologie chrétienne.

Le Saint Père a demandé aux étudiants de l’IPC d’ « être aux avant-postes dans le monde », afin de le réformer de l’intérieur (« la réforme des mœurs avant celle des institutions »).

Mission accomplie ! Ce sont plus d’un millier d’étudiants, des centaines de familles, d’innombrables enfants de parents « Ipécéens » qui aujourd’hui sont aux avant postes dans tous les domaines où la Vérité doit être enseignée, encouragée, rétablie.

André Clément a souvent dit : « le jour où l’on vendra S. Thomas en livre de poche, je pourrai m’arrêter ». L’influence des étudiants de l’IPC à la Sorbonne fut telle durant toutes ces années, que c’est le cas aujourd’hui. Et même mieux les œuvres complètes de S. Thomas sont sur Internet !

1983 : rédaction et publication d’un ouvrage : la Sagesse de Thomas d’Aquin



FORMATION DES PRÊTRES À GRICIGLIANO

Son amour pour la philosophie et pour l’Eglise le mènera en toute logique à la formation des prêtres à Gricigliano jusqu’à ce jour. La conscience de son immense responsabilité le conduit à travailler chaque année comme s’il donnait ce cours pour la première fois !

Conférence donnée au séminaire par M. Clément

Son frère Marcel Clément est décédé le 8 avril 2005

« Deux frères unis sont comme une place forte » aimait à répéter Monsieur le Doyen pour souligner l’importance de son unité de pensée et de prière avec son frère dans toutes ces œuvres.

Sans ce tandem guidé par l’Esprit Saint, La Faculté Libre de Philosophie et les fruits innombrables qu’elle a engendrés n’aurait pas pu voir le jour.

C’est ensemble que les deux frères l’ont voulu et souffert, au prix parfois de sacrifices personnels très exigeants, par amour pour l’Eglise, pour la Vérité, pour les âmes et pour la France (Il garde toujours avec lui depuis sa première retraite à Chateauneuf de Galaure le drapeau « espoir et salut de la France »).

Le Sacré-Cœur demeure la ligne de force de toute la vie d’André Clément. Cette dévotion le disposait à se lier d'amitié avec notre l'Institut.

M. Clément et son épouse, entourés du chanoine Mora, Supérieur du séminaire, et du chanoine Lefèvre