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La Pensée du Jour
26 février 2007
Lundi après le premier dimanche de Carême
« Le Seigneur nous apparaît sous les traits d’un Pasteur plein de
tendresse pour ses brebis: c’est en effet ce qu’il est pour les hommes,
en ces jours de miséricorde et de pardon. Une partie de son troupeau
s’était égarée et dispersée, au milieu des ténèbres de ce monde ; mais
Jésus n’a point oublié ses brebis. Il s’est mis en marche pour les aller
chercher et les réunir. Il n’est point de désert si écarté, point de
montagne si abrupte, point de hallier si épineux, qu’il ne visite pour
les retrouver. Il fait entendre à toutes sa voix par celle de la sainte
Eglise qui les convie au retour ; et dans la crainte qu’elles ne se
troublent à cause de leurs égarements, et qu’elles ne soient inquiètes
de reparaître devant lui, il daigne les rassurer. Qu’elles reviennent
seulement, qu’elles se laissent trouver; et les plus doux pâturages sont
pour elles, au bord des eaux, sur l’herbe la plus verdoyante, sur des
montagnes pleines de délices. Elles sont blessées, le divin Pasteur
bandera leurs plaies; elles sont faibles, il les rendra fortes. Il les
réunira aux brebis fidèles qui ne l’avaient pas quitté, et il demeurera
toujours avec elles. Que le pécheur se laisse donc enfin fléchir à la
vue de tant de bonté, et qu’il ne craigne plus les efforts qu’il lui
faut faire pour se rapprocher du Seigneur son Dieu. Le retour lui semble
pénible, l’expiation effraie sa faiblesse ; qu’il se rappelle les jours
où il habitait dans la sécurité du bercail, sous l’œil du plus tendre
Pasteur; ces jours peuvent renaître pour lui. La porte de la bergerie
est ouverte ; de nombreuses brebis, naguère égarées, s’y précipitent
remplies de joie et de confiance ; qu’il les suive, et qu’il se rappelle
« qu’il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait
pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de
pénitence (Luc. XV, 7.) »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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