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24 juin 2006
« La question de la divinité de l’Église était d’une importance si souveraine, [que] Dieu se devait de la faire éclater en pleine lumière et de la rendre en quelque sorte évidente pour tous. Il l’a fait. La divinité de l’Église éclate dans le fait même de son existence. Tout être humain peut s’en convaincre, à la seule constatation de ce fait. Non seulement il n’est point nécessaire de recourir à des recherches d’érudition ou à des subtilités d’interprétation de livres et de textes ou d’autres documents et monuments, toujours difficiles à établir et à contrôler, sinon même d’une absolue impossibilité pour la plupart des hommes ; mais ceux-là même qui ne savent ni lire ni écrire peuvent immédiatement et sans effort se convaincre directement de la preuve dont il s’agit. Il leur suffit de constater le fait, d’ailleurs à la portée de tous, puisqu’il est là devant eux dans tout l’univers ; et puis de conclure, par la raison, à l’occasion de ce fait. Le fait -nous l’avons déjà signalé- consiste en ceci que, dans tout l’univers, se trouvent, appartenant à tous les pays, à toutes les nations, à toutes les catégories, à toutes les conditions, à tous les âges, des hommes en très grand nombre qui se soumettent à l’action hiérarchique de prêtres qui sont immédiatement en contact avec eux, lesquels dépendent eux-mêmes de leurs évêques respectifs, ceux-ci demeurant tous subordonnés à l’action d’un seul, qui est le chef auquel tous obéissent dans tout l’univers : évêques, prêtres et simples fidèles. Ce chef unique, clef de voûte de tout l’édifice, nul n’en ignore l’existence et l’action suprême hiérarchique dans tout l’univers. Il s’appelle le Pape. Or, tous, Pape, évêques, prêtres, simples fidèles communient dans l’acceptation d’une même doctrine, dans la soumission à la même loi morale, dans la participation aux mêmes sacrements. D’autre part, cette doctrine, dans son fond essentiel, dépasse la raison de tout être humain, au point même que de prime abord elle lui paraîtrait contraire ; cette loi morale impose des obligations publiques et privées qui vont contre ce à quoi, par leur nature sensible ou leurs passions et leur intérêt du moment, tous les hommes sont le plus portés; cette participation aux sacrements impose des pratiques où se retrouvent, au plus haut point, toutes les impossibilités apparentes des mystères et toutes les répugnances de la nature. Il est vrai qu’à tout cela se trouvent jointes des promesses de récompenses, mais de récompenses qui n’ont aucune prise sur les sens et la raison de l’être humain; car elles sont d’ordre absolument spirituel et transcendant, réservées pour une autre vie que la vie présente et devant être achetées ou méritées par le mépris de tout ce que dans la vie présente les sens et même d’une certaine manière la raison naturelle recherchent avec le plus d’avidité. »
R.P. Thomas Pègues, O.P., Initiation thomiste. |
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