La Pensée du Jour

 

Lundi 17 Février 2003

Saint Silvin.

 

 

"Dieu ne fait pas librement sa volonté dans le monde ; ce qu'il obtient, c'est par la lutte qu'il l'emporte ; or, ce qui est vrai du monde en général l'est aussi de notre propre cœur. Quoique nous aimions Dieu, et très sincèrement, il lui faut disputer notre amour à la tyrannie de nos affections terrestres ; les préférences de notre nature corrompue ne sont pas pour lui ni pour ce qui le concerne. Ainsi, il arrive chaque jour que ce qu'il veut se trouve en opposition avec ce que nous désirons ou ce qu'exige le monde ; il nous faut opter, sans cesse notre libre élection doit choisir entre Jésus et Barabbas, est-ce toujours à Dieu que nous donnons la préférence ? Ou si quelquefois les surprises, les premiers mouvements, l'impétuosité, la faiblesse nous égarent, n'est-ce jamais avec malice, délibération, parfaite connaissance, que nous ne donnons à Dieu que la seconde place ? Dans les innombrables occasions où ce conflit se présente, combien de fois la victoire est-elle à Dieu ? Et même dans ce cas est-ce une victoire facile, et n'a-t-il pas à faire longuement le siège de nos cœurs, à appeler renforts sur renforts de grâces nouvelles jusqu'à ce qu'enfin il semble en appeler à sa toute-puissance pour amener notre volonté libre à se rendre ? Quant au degré d'application que nous apportons à ce que nous faisons pour Dieu, quel contraste entre notre négligence et la prévoyance, l'énergie, la persévérance avec lesquelles nous poursuivons nos intérêts ou les objets terrestres de notre amour ! Avons-nous lieu d'être satisfaits des résultats de notre examen ?"

 

R.P. Frédéric William Faber