Samedi 9 novembre 2002

Dédicace de l'Archibasilique de saint Jean du Latran

De la Confiance et Abandonnement par Saint François de Sales.

L’on propose si une âme peut, ayant le sentiment de sa misère, aller à Dieu avec une grande confiance.

  

[…] "Il y a des choses pour lesquelles il faut joindre la volonté de Dieu signifiée à celle de son bon plaisir : comme si je tombe malade d’une fièvre, je vois en cet évènement que le bon plaisir de Dieu est que je demeure en indifférence de la santé ou de la maladie; mais la volonté de Dieu signifiée est que j’appelle le médecin et que j’applique tous les remèdes que je puis (je ne dis pas les plus exquis, mais ceux que je puis bonnement, car Dieu nous le signifie en ce qu’il donne la vertu aux plantes et aux remèdes, la Sainte Ecriture nous l’enseigne en plusieurs endroits et la sainte Eglise l’ordonne. Or maintenant, que la maladie surmonte le remède ou le remède surmonte le mal, il en faut être en parfaite indifférence, en telle sorte que si la maladie et la santé étaient devant vous et que Notre-Seigneur vous dît: Si tu choisis la santé je ne t’en ôterai pas un grain de ma grâce, si tu choisis la maladie je ne te l’augmenterai pas non plus de rien du tout, mais au choix de la maladie il y a un peu plus de mon bon plaisir; alors, l’âme qui s’est entièrement délaissée et abandonnée entre les mains de Notre-Seigneur choisira sans doute la maladie, pour cela seulement qu’il y n un peu plus du bon plaisir de Dieu; oui même quand ce serait pour demeurer toute sa vie dans un lit, sans faire autre chose que souffrir, elle ne voudrait pour rien du 11 monde désirer un autre état que celui-là. Ainsi les Saints qui sont au Ciel ont une telle union à la volonté de Dieu, que s’il y avait un peu plus de son bon plaisir en enfer, ils quitteraient le Paradis pour y aller."    

 

Saint François de Sales