Vendredi 8 novembre 2002

Quatre saints Couronnés - Saint Geoffroy  

De la Confiance et Abandonnement par Saint François de Sales.

L’on propose si une âme peut, ayant le sentiment de sa misère, aller à Dieu avec une grande confiance.

  

[…] "Pour faire cet abandonnement, il faut obéir à la volonté de Dieu signifiée et à la volonté de son bon plaisir : l’un se fait par manière de résignation, et l’autre par manière d’indifférence. La volonté de Dieu signifiée, ce sont ses Commandements, ses conseils, ses inspirations, nos Règles et les ordonnances de nos Supérieurs. La volonté de son bon plaisir, ce sont les évènements des choses que nous ne pouvons pas prévoir, comme par exemple : je ne sais pas si je mourrai demain; si je tombe malade à la mort, je vois que c’est le bon plaisir de Dieu, et partant je m’abandonne à son bon plaisir et meurs de bon cœur. De même, je ne sais pas si l’année qui vient tous les fruits de la terre seront ravagés par la tempête : s’il arrive qu’ils le soient, il est tout évident que c’est le bon plaisir de Dieu. Des exemples plus familiers et convenables à notre condition il arrivera que vous n’aurez pas de la consolation en vos exercices; il est évident que c’est le bon plaisir de Dieu, c’est pourquoi il faut demeurer avec une entière indifférence entre la désolation et la consolation. Ou bien l’on nous donnera un habit moins agréable que celui que nous avions accoutumé de porter, la robière a fait cela de bonne foi; il est tout certain que le bon plaisir de Dieu est que vous ayez cette robe, et partant il la faut recevoir avec indifférence. L’on vous donnera au réfectoire quelque viande hors de votre goût; cela sans doute est le bon plaisir de Dieu, il faut donc la manger avec indifférence, je dis quant à la volonté. De même des caresses et témoignages d’amitié : si une personne ne nous caresse point, il faut penser que tel est le bon plaisir de Dieu, et qu’elle est occupée à quelque chose de meilleur; à quel propos donc vouloir qu’elle se rende attentive à nous caresser? Que si elle le fait, il faut aussi croire que c’est le bon plaisir de Dieu, et le bénir de cette petite consolation qu’il nous donne. "    

 

Saint François de Sales