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Jeudi 7
novembre 2002 Saint Willibrord De
la Confiance et Abandonnement par Saint François de Sales. L’on
propose si une âme peut, ayant le sentiment de sa misère, aller à
Dieu avec une grande confiance. […]
"Il y a deux vertus, dont l’une est la fin de l’autre se dépouiller
pour s’abandonner. Or il faut savoir qu’abandonner notre âme et
nous délaisser nous-mêmes, n’est autre chose que de quitter et nous
défaire de notre propre volonté pour la donner à Dieu; car, comme
j’ai déjà dit, il ne nous servirait de guère de nous renoncer et délaisser
nous-mêmes, si ce n’était pour nous unir parfaitement à la divine
Majesté. Ce n’est donc que pour cela qu’il faut faire cet
abandonnement, lequel autrement serait inutile et ressemblerait à ceux
des anciens philosophes qui ont fait des admirables abandonnements de
toutes choses et d’eux-mêmes, par une vaine prétention de
s’adonner à la philosophie comme Epictète, l’un des plus grands et
renommés de cette sorte, lequel était esclave de condition. Or, à
cause de sa grande sagesse, l’on le voulut affranchir; mais lui, par
un renoncement le plus extrême de tous, ne voulut point de sa liberté,
et demeura ainsi volontairement en son esclavage, avec une telle pauvreté
qu’après sa mort on ne lui trouva rien qu’une lampe, qui fut vendue
bien cher, par manière de relique, à cause qu’elle avait été à un
si grand homme. Mais nous autres ne nous voulons abandonner sinon pour
nous laisser tout à la merci de la bonté de Dieu. Il
y a beaucoup de gens qui disent à Notre-Seigneur Je me donne tout à
vous et ne veux rien réserver; mais il y en a fort peu qui embrassent
la pratique de cet abandonnement, lequel n’est autre chose qu’une
parfaite indifférence à recevoir les évènements selon qu’ils
arrivent par ordre de la Providence divine : recevoir également
l’affliction comme la consolation, la maladie comme la santé, la
pauvreté, le mépris et l’opprobre comme les richesses, l’honneur
et la gloire. Je dis avec la partie supérieure de notre âme, car il
n’y a point de doute que l’inférieure et inclination naturelle
tendra toujours plutôt du côté de l’honneur que du mépris, de la
richesse que de la pauvreté; bien que nul ne puisse ignorer que le mépris,
l’abjection et la pauvreté ne soient plus agréables à Dieu que
l’honneur et la possession de beaucoup de richesses." Saint
François de Sales
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