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Mardi 5
novembre 2002 Saint lié De
la Confiance et Abandonnement par Saint François de Sales. L’on
propose si une âme peut, ayant le sentiment de sa misère, aller à
Dieu avec une grande confiance. […] Vraiment, il est bien
raisonnable qu’ayant offensé Dieu nous nous retirions un peu par
humilité et demeurions confus, car si seulement nous avons offensé un
ami, nous avons bien honte de l’aborder; mais il n’en faut pas
demeurer là, car ces vertus d’humilité, d’abjection et de
confusion sont des vertus mitoyennes, par lesquelles nous devons monter
à l’union de notre âme avec son Dieu. Ce ne serait pas grand’chose
de s’être anéanti et dépouillé de soi-même, ce qui se fait par
ces actes de confusion, si ce n’était pour se donner tout à Dieu,
ainsi que saint Paul nous l’enseigne quand il dit : Dépouillez-vous
du vieil homme, et vous revêtez du nouveau (Coloss., III, 9, 10).;
d’autant qu’il ne faut pas demeurer nu, mais se revêtir de Dieu. Ce
petit reculement ne se fait que pour mieux sauter et s’élancer en
Dieu par un acte d’amour et de confiance, car il ne faut pas se
confondre tristement ni avec inquiétude : c’est l’amour-propre qui
donne ces confusions-là, parce que nous sommes marries de n’être pas
parfaites, non tant pour l’amour de Dieu que pour l’amour de nous-mêmes. Mais
vous dites que vous ne sentez point cette confiance. Quand vous ne
sentez pas, il en faut faire un acte et dire à Notre-Seigneur : Encore
que je n’aie aucun sentiment de confiance en vous, je sais pourtant
que vous êtes mon Dieu, que je suis toute vôtre, et n’ai espérance
qu’en votre bonté; ainsi je m’abandonne toute en vos saintes mains.
Il est toujours en notre pouvoir de faire de ces actes et quoique nous
y ayons de la difficulté, il n’y a pourtant pas de
l’impossibilité, et c’est en ces occasions-là, parmi les difficultés,
ou nous devons témoigner de la fidélité à Notre-Seigneur; car bien
que nous les fassions sans goût ni aucune satisfaction, il ne s’en
faut pas mettre en peine, puisque Notre-Seigneur les aime mieux ainsi.
Et ne dites pas : Je les dis vraiment, mais ce n’est que de bouche;
car si le cœur ne le voulait, la bouche n’en dirait pas un mot. Ayant
fait cela, demeurez en paix, et sans faire attention sur votre trouble,
parlez à Notre-Seigneur d’autre chose." Saint
François de Sales
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