La Pensée du Jour

samedi 29 juin 2002.

 

"La relativité des moments qui passent ne peut atteindre l'être qui connaît et qui aime. Mais quand l'être se laisse prendre par la relativité, il entre dans le tourbillon du discours existentiel, ce qui fait que l'homme n'a pas une vraie image de son existence ni de la notion de l'existence. Le discours peut être indéfini ; la confection des vocabulaires et des expressions, sans fin ; c'est le jeu triste d'une fausse philosophie qui se refuse à se soumettre pour toute chose au Maître de l'Histoire, qui est la Vérité incarnée, qui est l'ordre éternel de tout le multiple de l'univers et de l'Histoire.

Lorsque, dans notre esprit et dans notre cœur, se dévoilent le mystère de Gethsémani et son rapport avec le "Fiat" de l'Annonciation, tout un langage devient caduc, car on s 'aperçoit que l'Histoire ne peut livrer aucun secret ni à propos des lois qui la régissent, ni à propos des fins dernières de l'homme. Elle ne le peut pas, parce qu'elle n'a elle-même ni connaissance ni conscience. La seule chose qu'elle peut enseigner, c'est que le Maître de l'Histoire a dit le "Fiat" de la souffrance et de l'union avec l'existence de tous les hommes, pour délivrer chaque homme, chaque fois unique, de la mort et le faire entrer dans une autre réalité de vie éternelle.

Se référer chaque fois à l'histoire, pour éviter de se référer au Maître de l'histoire, c'est vouloir parler à la polyphonie, sans s'adresser ni à celui qui a composé la musique ni à ceux qui la chantent. Seul le Créateur des lois et des buts peut connaître la réalité des fins dernières de toute chose, le Créateur et ceux à qui Il le révèle et qui accueillent avec humilité et amour sa Révélation."

                                                                      Cardinal Joseph Siri,

                                                     Gethsémani.