La Pensée du Jour

jeudi 28 février 2002

            " Je découvre la voie de la perfection, et je vois clairement ce que je dois faire. Mais, accablé du poids de ma corruption, je ne m'élève à rien de parfait. Oh ! que votre grâce, Seigneur, m'est nécessaire, pour commencer le bien, le continuer et l'achever ! Car sans elle je ne puis rien faire; mais je puis tout en vous, quand votre grâce me fortifie. O bien-heureuse grâce, qui rendez riche en vertus le pauvre d'esprit, et celui qui possède de grands biens humble de cœur ! Venez, descendez en moi, remplissez-moi dès le matin de votre consolation, de peur que mon âme, épuisée, aride, ne vienne à défaillir de lassitude. J'implore votre grâce, ô mon Dieu ! Je ne veux qu'elle; car votre grâce me suffit, quand je n'obtiendrais rien de ce que la nature désire. Elle enseigne la vérité et règle la conduite; elle est la lumière du cœur, et sa consolation dans l'angoisse; elle chasse la tristesse, dissipe la crainte, nourrit la piété, produit les larmes. Que suis-je sans elle, qu'un bois sec, un rameau stérile qui n'est bon qu'à jeter ? Que votre grâce, Seigneur, me prévienne donc et m'accompagne toujours; qu'elle me rende sans cesse attentif à la pratique des bonnes œuvres : je vous en conjure par Jésus-Christ, votre Fils. Ainsi soit-il. "

 

                            Imitation de Jésus-Christ, L. III, chap. LV