La Pensée du Jour
lundi 24 juin 2002
"L'homme ne peut jamais toucher, par ses investigations et ses inventions
de curiosité, le commencement des choses et des êtres. C'est pourquoi nous
avons des difficultés à concevoir le mystérieux acte d'amour et d'harmonie
qui s'est accompli avec le premier "Fiat" de la Vierge Marie.
Pourtant, c'est
cet acte qui a permis à l'Être qui priait le visage couvert de sueur de sang
de s'unir ontologiquement à l'existence de chaque homme, dans le désordre
anarchique et douloureux de l'Histoire. Et c'est cette union qui donne la
possibilité à l'homme de devenir un être nouveau et de connaître que se
lève en lui une seconde volonté, qui est en lutte avec la première volonté
de sa nature en désordre ; le désordre du péché.
C'est cette
union particulière qui fut accomplie par le "Fiat" de
Gethsémani : "Non comme moi, mais comme vous vous voulez". Car
c'est cette union qui était le sujet de la prière de l'agonie et du "Fiat"
; et ce fut la cause de la Croix qui devait suivre.
L'agonie de
Gethsémani, dans son mystère ontologique, n'aurait pas été possible, si
l'Être de l'agonie n'avait pas été l'Être de l'Incarnation. L'agonie du
Christ exprime la souffrance dans l'esprit et le cœur, par conséquent dans
toute la nature humaine ; souffrance qui appartient à cet unique Fiat d'amour
indicible : s'unir à l'existence de tous les êtres humains constituant
l'Histoire."
Cardinal Joseph Siri,
Gethsémani.