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Jeudi
21 novembre 2002, Présentation
de la Très Sainte Vierge au Temple. Berceuse
de la Mère Dieu Mon
Dieu qui dormez, faible entre mes bras, Mon
enfant tout chaud sur mon cœur qui bat, J'adore
en mes mains et berce, étonnée, La
merveille, ô Dieu, que m'avez donnée. De
fils, ô mon Dieu, je n'en avais pas. Vierge
que je suis, en cet humble état Quelle
joie en fleur de moi serait née? Mais
vous, Tout-Puissant, me l'avez donnée. Que
rendrai-je à Vous, moi sur qui tomba Votre
grâce? O Dieu, je souris tout bas, Car
j'avais aussi, petite et bornée, J'avais
une grâce et Vous l'ai donnée. De
bouche, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas Pour
parler aux gens perdus d'ici-bas... Ta
bouche de lait vers mon sein tournée, O
mon Fils, c'est moi qui te l'ai donnée. De
main, ô mon Dieu, Vous n'en aviez pas Pour
guérir du doigt leurs pauvres corps las... Ta
main, bouton clos, rose encor gênée, O
mon Fils, c'est moi qui te l'ai donnée. De
chair, ô mon Dieu, Vous n'en aviez pas Pour
rompre avec eux le pain du repas... Ta
chair au printemps de moi façonnée, O
mon Fils, c'est moi qui te l'ai donnée. De
mort, ô mon Dieu, Vous n'en aviez pas Pour
sauver le monde... O douleur, là-bas, Ta
mort d'homme, un soir, noire, abandonnée, Mon
petit, c'est moi qui te l'ai donnée. Marie
Noël. Le
Rosaire des Joies.
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