La Pensée du Jour
mercredi 19 juin 2002
Dans le mystère de Gethsémani se dévoilent les deux plus grands, plus poignants et plus doux mystères : l'Incarnation de Dieu en homme parfait en Marie, et l'engendrement de l'Église, sainte dans la relativité de l'homme temporel.
Il y a eu beaucoup de Saints dans le peuple d'Israël, beaucoup de Prophètes. Il y a eu beaucoup d'âmes qui avaient souffert pour leur peuple et qui savaient aimer Dieu jusqu'au sacrifice total. Il y a eu beaucoup d'âmes fortes et grandes et qui avaient pénétré par la grâce de Dieu les secrets de la Nature, plus que les hommes de science des générations futures.
Mais l'homme de l'agonie nocturne sur le mont des oliviers était l'Être d'une autre économie ; il correspondait à une autre nécessité, à une autre attente de la création. Et c'est à cause de cela que cette agonie non seulement concerne tout homme, mais est liée ontologiquement: à tout homme. L'homme n'est pas lié à l'agonie du Christ seulement par l'imagination et la compassion envers quelqu'un qui souffre injustement. L'homme y est lié parce qu'il a été le sujet de l'offrande solitaire dans le jardin de Gethsémani, qui n'était pas un acte moral, mais une action d'être.
Cardinal Joseph Siri,
Gethsémani.