Mardi
15 octobre 2002, Sainte Thérèse d'Avila.
"Quand je
vois des âmes s'adonner diligemment à examiner leur oraison, si
encapuchonnées qu'elles n'osent ni bouger ni détourner leur pensée
pour éviter qu'un peu de leur plaisir et de leur ferveur ne se dérobe,
j'en conclus qu'elles comprennent bien mal par quel chemin on atteint à
l'union, et qu'elles pensent que toute l'affaire se réduit à cela.
Mais non, mes sœurs, non : le Seigneur veut des œuvres. Si tu
vois une malade à qui tu puisses apporter certain soulagement, peu doit
t'importer de perdre cette ferveur : aie pitié d'elle ! Si
elle souffre, souffre, toi aussi, et si c'est nécessaire, jeûne pour
qu'elle mange à ta place. … Si tu entends vivement louer une
personne, réjouis-toi beaucoup plus que si on te louait toi-même. …
Nous réjouir qu'on reconnaisse les vertus de nos sœurs est une grande
chose, de même que, si l'on voit en l'une d'elles un défaut, le déplorer
comme s'il s'agissait de nous-même, et le cacher. /…/ Demandez à
Notre Seigneur de vous donner, à la perfection, cet amour du prochain,
et laissez faire Sa Majesté : elle vous donnera plus que vous ne
sauriez désirer, à condition que vous fassiez des efforts et que vous
recherchiez, tant que vous le pourrez, cet amour-là. Contraignez votre
volonté à être en tout conforme à celle de vos sœurs. Même si vous
perdez vos droits, oubliez-vous pour elles, pour beaucoup que cela révolte
votre nature et cherchez à assumer des tâches pour en délivrer votre
prochain, lorsque vous en aurez l'occasion. Ne pensez pas que cela ne
vous coûtera guère, et que c'est déjà chose faite. Considérez ce
que son amour pour nous a coûté à notre l'époux, lui qui pour vous délivrer
de la mort mourut de la mort si douloureuse qu'est la mort sur la
croix."
Sainte
Thérèse d'Avila,
Le château intérieur, cinquièmes Demeures, chapitre III,11-12
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