Mardi 12 novembre 2002

Saint Christian

De la Confiance et Abandonnement par Saint François de Sales.

L’on propose si une âme peut, ayant le sentiment de sa misère, aller à Dieu avec une grande confiance.

  

[…] "Vous voulez encore savoir quel fondement doit avoir notre confiance. — Il faut qu’elle soit fondée sur l’infinie bonté de Dieu et sur les mérites de la Mort et Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec cette condition de notre part, que nous ayons et connaissions en nous une entière et ferme résolution d’être tout à Dieu, et de nous tout abandonner, sans aucune réserve, à sa Providence; car de lui dire : Je me confie en vous, mais je ne veux pas être toute vôtre, il n’y aurait pas de la raison. Mais je désire que vous remarquiez que je ne dis pas qu’il faille sentir cette résolution d’être toute à Dieu, mais seulement qu’il la faut avoir et connaître en nous; parce qu’il ne faut pas s’amuser à s’occuper de ce que nous sentons ou que nous ne sentons pas, car la plupart de nos sentiments et satisfactions ne sont que des amusements de notre amour-propre. Il ne faut pas entendre aussi qu’en toutes ces choses ici, de l’abandonnement et de l’indifférence, nous n’ayons jamais des désirs contraires à la volonté de Dieu et que notre nature ne répugne aux évènements de son bon plaisir; cela peut toujours arriver. Ce sont des vertus qui font leur résidence en la partie supérieure de l’âme, l’inférieure pour l’ordinaire n’y entend rien; il n’en faut faire nul état, mais, sans regarder à ce qu’elle veut, il faut embrasser cette volonté divine et nous y unir, mal gré qu’elle en ait.

Il y a peu de personnes qui arrivent à ce degré de parfait délaissement d’elles-mêmes, mais nous y devons néanmoins tous prétendre, chacun selon sa capacité et petite portée.

Dieu soit béni !"

                                                                                                

   

 

Saint François de Sales