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Lundi 11
novembre 2002 Saint Martin De
la Confiance et Abandonnement par Saint François de Sales. L’on
propose si une âme peut, ayant le sentiment de sa misère, aller à
Dieu avec une grande confiance. […]
"Maintenant vous demandez en quoi s’occupe intérieurement cette
âme qui est toute abandonnée entre les mains de Dieu? Elle ne fait
rien, sinon demeurer auprès de Notre-Seigneur en une sainte oisiveté,
sans avoir souci d’aucune chose, non pas même de son corps ni de son
âme; car puisqu’elle s’est embarquée sous la Providence de Dieu,
qu’a-t-elle à faire de penser ce qu’elle deviendra? Notre-Seigneur
auquel elle s’est toute délaissée y pensera assez. Je n’entends
pas pourtant de dire qu’il ne faille pas penser ès choses esquelles
nous sommes obligées, chacune selon sa charge. Par exemple : si l’on
a donné à une Sœur le soin du jardin, il ne faut pas qu’elle dise :
Je n’y veux pas penser, Notre-Seigneur y pourvoira bien. De même une
Supérieure, une Maîtresse des Novices, il ne faut pas que, sous ombre
de dire : je me suis abandonnée à Dieu et me repose en son soin, elles
négligent de lire et d’apprendre les enseignements qui sont propres
pour l’exercice de leurs charges. Vous me dites à cette heure : il faut avoir une grande confiance pour s’abandonner ainsi sans aucune réserve. — Il est vrai; mais aussi, quand nous abandonnons tout, Notre-Seigneur prend soin de tout et conduit tout. Que si nous réservons quelque chose de quoi nous ne nous confions pas en lui, il nous la laisse, comme s’il disait Vous pensez être assez sage pour faire cette chose-là sans moi? je vous la laisse gouverner, mais vous verrez bien comme vous vous en trouverez. Celles qui sont dédiées à Dieu en la Religion doivent tout abandonner sans aucune réserve. Sainte Madeleine, qui s’était toute abandonnée à la volonté de Notre-Seigneur, demeurait à ses pieds et l’écoutait tandis qu’il parlait (Luc., X, 39.) ; et lorsqu’il cessait de parler, elle cessait aussi d’écouter, mais elle ne bougeait pourtant d’auprès de lui. Ainsi cette âme qui s’est délaissée, elle n’a autre chose à faire qu’à demeurer entre les bras de Notre-Seigneur, comme un enfant dans le sein de sa mère, lequel, quand elle le met le met par terre pour cheminer, il chemine jusques à tant que sa mère le reprenne, et quand elle le veut porter il la laisse faire. Il ne sait point ni ne pense point où il va, mais il se laisse porter et mener où il plaît à sa mère : cette âme se laisse porter quand elle aime la volonté du bon plaisir de Dieu en tout ce qui lui arrive, et chemine néanmoins quand elle fait avec grand soin tout ce qui est de la volonté de Dieu signifiée." Saint
François de Sales
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