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Sermon de Mgr Rudolph Michael Schmitz, Vicaire Général de l'Institut et Prieur Provincial des États-Unis, prononcé en l'Église Saint Louis de Port-Marly le 12 septembre 2004, à l'occasion des vingt-cinq ans de sacerdoce de Mgr Gilles Wach, Supérieur Général de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre et de M. l'abbé Philippe Mora, Supérieur du Séminaire Saint Philippe Néri de Gricigliano.*
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, ainsi soit-il. Cher Monseigneur, cher Monsieur le Supérieur, mes bien chers confrères, Chers fidèles et chers enfants, Dieu en premier, cette messe en action de grâces pour le jubilé de nos fondateurs n’est pas une célébration pour deux hommes. En ce moment, nous adorons Dieu et nous Lui rendons grâce pour l’œuvre de Sa miséricorde qu’Il a rendue possible à travers le sacerdoce de deux hommes qui se sont soumis à la vocation que Lui leur a donnée. Tout vient de Lui, tout vient de Sa force, du Dieu en premier, et le fondement basique, central du sacerdoce de Monseigneur Wach et de l’abbé Mora consiste dans les trois vertus théologales qu’ils ont déjà reçues lors de leur baptême. La Foi. La Foi surtout en la Providence, parce que aucun d’eux n’a voulu faire une fondation, ni Monseigneur Wach ni l’abbé Mora n’ont décidé de devenir prêtres. C’est la vocation de Dieu, c’est la grâce de Dieu, c’est la vertu du Tout-Puissant qui leur a donné cette grâce et qui les a accompagnés par la douce main de la Providence, vraiment les conduisant pas par pas dans leur sacerdoce à la fondation de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre dédié au sacerdoce catholique. Si on veut fonder quelque chose, si on veut se baser sur les forces humaines, souvent on va expérimenter un échec. Si on se confie à la Providence, cette Providence va tout nous donner et va tout rendre possible. Foi non seulement dans la Providence, mais Foi aussi dans l’Église, toujours dans le sacerdoce et dans la fondation de notre institut, les deux prêtres dont nous fêtons aujourd’hui le jubilé ont eu une foi catholique dans la hiérarchie de l’Église, dans l’institution divine de la papauté, dans la représentation valide de Notre Seigneur Jésus-Christ par les évêques de la Sainte Église catholique. Nous ne sommes pas, en tant qu’institut, la claque de toutes les fautes qu’une politique ecclésiastique à courte vue pourrait faire, mais nous sommes, avec nos fondateurs, profondément convaincus que c’est Jésus qui parle et agit dans son Église à travers le pape et à travers les évêques, et que la fidélité à la hiérarchie de l’Église est le fondement de tout ce qu’on doit faire pour sauver les âmes. Cette foi en la Providence et dans l’Église a conduit les deux prêtres non seulement à l’autel mais leur a donné beaucoup d’autres pour les conduire au même autel. Espérance. L’Espérance, cette autre vertu théologale, est aussi impérative pour tous les prêtres. On doit vivre l’espérance en l’avenir de l’Église. Quand notre institut a été fondé, tout au commencement, quand beaucoup de fidèles n’avaient pas encore saisi tout l’esprit de cette nouvelle fondation, on nous a beaucoup demandé pourquoi nous ne sommes pas plus polémiques, pourquoi nous ne lamentons pas plus la situation de l’Église, pourquoi nous n’attaquons pas plus clairement ceux qui ne suivent pas sa grande tradition. C’est l’Espérance qui est la réponse, parce que ce n’est pas la critique humaine, ce n’est pas la polémique, ce n’est pas l’Ecclesia lamentens qui va changer le monde, mais c’est l’espérance dans la présence de l’esprit de Dieu qui donne de la force et donne un avenir à l’Église. Exurge Domine et judica causam tuam. Seigneur, viens et juges ta cause. Et le Seigneur ne va jamais quitter son Église, si nous renouvelons notre espérance dans la présence de Son esprit en elle. Espérance aussi dans la miséricorde de Dieu. Dans chaque messe, Monseigneur Wach et l’abbé Mora, comme tous les prêtres, disent Nobis quoque peccatoribus. Nous aussi, nous sommes des pécheurs, et souvent notre fondateur et prieur général nous rappelle que nous sommes frêles, que nous sommes faibles, que nous sommes tentés et que nous ne pouvons rien faire sans la miséricorde de Dieu. Mais avoir eu cette espérance dans la miséricorde de Dieu qui peut se faire des fils d’Abraham, même des pierres du désert, cette espérance a causé le sacerdoce de nos deux fondateurs et leur a donné le courage de fonder une institution pour la proclamation de la beauté du sacerdoce catholique. Et finalement, la vertu théologale qui couronne tout, sans laquelle rien ne vaut, cette grande vertu que nous portons humblement dans notre maxime: Veritatem facientes in caritate. Nous voulons vivre la vérité dans la charité. Mes très chers amis, permettez-moi de devenir très personnel: parce que je connais Monseigneur Wach et l’abbé Mora depuis une éternité. Nous étions ensemble à Rome; nous avons étudié ensemble et, alors, c’étaient des temps presque sans souci. Ces temps sont passés – je ne dis pas hélas! Parce que, entre-temps, le bon Dieu a permis à nos fondateurs et à nous, leurs collaborateurs, de faire et d’œuvrer pour la sainte Église et les âmes. Mais je peux vous dire que, de la part de Monseigneur Wach et de l’abbé Mora, la vertu de la Charité qui se montre dans le pardon a trouvé vraiment une expérience profonde et souvent douloureuse. Monseigneur Wach m’a dit une fois : «C’est seulement depuis que nous avons commencé l’Institut que j’ai pu connaître l’ingratitude et la trahison. On a dit et fait tout ce qui est impossible et possible contre notre Institut.» Et quelquefois je console nos fondateurs en disant: on a tout fait, on a tout dit, on ne peut rien inventer de nouveau. Et dans tout ça, nos fondateurs ont exercé la vertu de la Charité du pardon, un pardon pas toujours évident, un pardon pas toujours facile, mais ils nous ont enseigné qu’on doit toujours et toujours pardonner, et même bénir, ceux qui nous persécutent. C’est très important, que le prêtre a la vertu de cette Charité du pardon continuel, afin que, à travers le pardon qu’il donne aux gens dans le confessionnal, ainsi sa vie devienne un signe de pardon dans ce monde plein de haine. Et finalement, la Charité brûlant en Dieu, nous devons toujours voir que tout ce que nous faisons, que tout ce que nous voulons dans l’Église et pour l’Église, pour les âmes, pour le ciel et pour Dieu n’est rien et ne peut rien être sans que nous voyions toujours et à chaque moment que le centre de notre sainte foi, c’est le Dieu qui a dit: Je suis l’amour, le Dieu d’un amour concret qui réside dans le tabernacle, un Dieu qui nous a même ouvert Son cœur brûlant d’amour, et il nous a montré concrètement que l’amour, ça veut dire se sacrifier à chaque moment pour les autres.Cet amour, vrai et divin, nous avons pu le voir et nous l’avons reçu par l’exemple sacrifié et souffrant de ces deux prêtres qui ont eu l’humilité d’accéder à l’autel et de fonder notre Institut. Nous devons avec eux toujours renouveler notre conviction que tout est pour Dieu, que rien n’existe sans Lui, que c’est pourquoi, dans notre vie, Lui doit toujours être en premier. Mes bien chers enfants, je vois beaucoup d’entre vous aujourd’hui regarder Monseigneur Wach et l’abbé Mora. Les garçons entre vous ont peut-être déjà pensé à la prêtrise. Les filles ont peut-être songé à voir leurs frères un jour à l’autel. Vous avez peut-être compris ce que je viens de dire: si vous voulez devenir prêtres, si vous voulez voir vos frères prêtres, il vous faut la Foi, c’est-à-dire prier chaque jour pour la vocation, pour que Dieu donne dans la Foi à Son Église beaucoup de prêtres; il vous faut l’Espérance, c’est-à-dire vous devez comprendre qu’un homme ne peut rien faire sans l’Esprit saint; que nous sommes rien de rien, et c’est pourquoi il faut que vous ouvriez vos cœurs et priiez pour ceux dont les cœurs doivent être ouverts à Dieu afin que l’Esprit saint puisse y résider. Et finalement, il faut la Charité: on ne devient pas prêtre tout d’un coup. Il faut exercer la vertu de la Charité chaque jour en famille, avec les parents, avec les frères et sœurs, pour que, un jour, de l’autel, on puisse donner l’exemple de la Charité à ceux qui ont besoin du prêtre, afin qu’ils comprennent que la Charité de Dieu existe toujours. Mes bien chers enfants, dans cette Foi, dans cette Espérance et dans cette Charité, vous, avec vos prières qui sont aimées par Dieu particulièrement, vous pouvez faire beaucoup pour le sacerdoce, et de vos prières dépendront de maintes vocations de cette Église. Alors, dans ce moment d’action de grâces, allons vraiment ouvrir nos cœurs au Seigneur Souverain Prêtre, au Roi des rois, et comprenons avec nos fondateurs que nos vies sont là pour Lui et que chacun a reçu un trésor qui doit être définitivement et finalement posé sur l’autel de Dieu, l’autel du Souverain Prêtre, l’autel de Son Sacré Cœur, dans l’éternité avec Lui. Ainsi soit-il. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, ainsi soit-il. * Le style parlé de Mgr Schmitz, qui est de langue allemande, a été conservé dans le texte.
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