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La seconde Onction de Sainte Marie-Madeleine à Béthanie

(Mt XXVI, 6-13 - Mc XIV, 1-11 - Jn XII, 1-8)

(par une carmélite)

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Six jours avant la Pâque, Notre Seigneur arrive à Béthanie. Il sait que l’heure de Sa douloureuse Passion est toute proche. Il sort donc de sa retraite aux alentours d’Ephrem et vient se reposer quelques heures chez Ses amis. Le soir, le sabbat commence.

« Conformément à la Loi de Moïse, les Juifs choisissaient l’Agneau qu’ils devaient immoler en la fête de Pâques. Et le sixième jour avant cette grande solennité, ils préludaient à la fête en se conviant les uns les autres à de joyeux festins. ».

Ce fut donc à cette occasion que Notre Seigneur prit part au repas, qui d’après les synoptiques, a lieu chez Simon le Lépreux.

Simon est certainement un ami, un voisin ou un parent de Lazare.

Saint Jean prend soin de préciser que Lazare est l’un des convives, détail qu’il n’aurait pas pris la peine de rapporter si le repas avait eu lieu chez lui.

 

Les apôtres accompagnent et entourent Jésus, et de nombreux Juifs sont présents à ce festin.

Marie-Madeleine est là elle aussi, avec sa sœur Marthe.

 

Malgré le bruit et le grand nombre de convives, Marie-Madeleine est silencieuse, et elle ne cherche pas à entrer en conversation. Elle semble toute recueillie et personne n’ose l’aborder.

Elle aide probablement sa sœur Marthe à faire le service.

Mais elle n’est occupée que de Jésus. Elle demeure attentive et aimante à son égard. Elle ne regarde que Lui et Il est tout pour elle !

Elle L’observe discrètement et son amour lui laisse pressentir toute l’angoisse et la solitude qui oppresse déjà Son divin Cœur. Elle devine que son agonie a commencé intérieurement, et cela la bouleverse. Elle sent la compassion l’envahir, et une tendresse plus grande encore naît au fond d’elle-même pour Jésus.

Son amour très ardent n’a pas de repos… Elle se fait les plus cruelles inquiétudes sur le sort prochain qui L’attend et ne peut cesser de penser à Lui un seul instant !

 

Combien elle désire Le consoler, Lui témoigner encore une fois son profond attachement.

Mue intérieurement par ce désir de lui manifester à nouveau son affection, elle s’approche alors de Lui, portant dans un magnifique vase d’albâtre une livre de nard très pur et très précieux.

Elle souhaite renouveler le geste d’amour de sa conversion.

Marie-Madeleine veut pour Jésus ce qu’il y a de meilleur, de plus riche et de plus beau. Rien ne Lui semble de trop pour son Maître bien-aimé. Elle veut sacrifier tout ce qu’elle a de plus cher pour Sa gloire et Sa consolation.

Elle est si heureuse d’offrir ce sacrifice d’amour…

 

Se rappelant toutes les grâces qu’elle a déjà puisées aux pieds du divin Maître, son cœur s’embrase à nouveau.

Sa dévotion est magnifique. Elle est l’amour poussé au don, au sacrifice total de soi à l’être aimé, elle manifeste la totalité dans l’amour.

Marie-Madeleine commence alors par oindre les pieds de Jésus, elle les inonde de l’agréable et riche parfum et les caresse doucement : par ce geste d’abaissement et d’humilité, elle renouvelle l’offrande de tout son être : elle dépose à Ses pieds tout ce qu’elle est, et elle Lui signifie à nouveau qu’elle ne veut plaire qu’à Lui seul.

Puis elle les embrasse et les essuie avec sa longue chevelure ; elle prend son temps et accomplit ces gestes avec toute la ferveur et le respect d’une véritable liturgie.

Mais cette onction ne suffit aucunement à son amour. Tout doit être sacrifié à Jésus.

Elle va alors se lever et rompre délicatement le col du précieux flacon d’albâtre au-dessus de la tête de Jésus, pour que l’intégralité du parfum se répande sur Lui : il faut qu’Il ait tout…

C’est un besoin de son cœur amoureux.

Le flacon brisé a maintenant une large ouverture et son contenu luxueux peut se répandre en abondance, débordant et coulant en grosses gouttes sur le divin Maître.

Aussi depuis la tête jusqu’aux pieds, tout son corps ruisselle du riche parfum et la maison est embaumée de cette odeur très suave et pénétrante... Toute la personne de Jésus est comme enveloppée d’un voile de parfum.

 

Marie-Madeleine ayant grandi en grâce, sa confiance a augmenté dans la même proportion, elle est rempli d’un amour encore plus assuré et audacieux, plus fervent aussi.

Cette immense confiance naît de la pureté retrouvée en son cœur.

Les vertus se sont épanouies en son âme. Elle est devenue encore plus ardente à aimer, très prudente à veiller sur elle-même, d’une humilité admirable par la connaissance toujours plus profonde de ses misères et de l’immensité du pardon reçu. Elle est également très aimable par sa modestie pleine de réserve, par sa promptitude à obéir et son empressement à rendre grâces et à témoigner continuellement sa gratitude à Jésus.

Lui plaire est devenu le soin perpétuel de sa vie. Il est Son Epoux divin, Son Unique…

Ayant été relevée de toutes ses fautes par un effet de Sa bonté infinie, ayant aussi beaucoup mérité par la constance de son tendre amour, elle ose donc se tenir debout devant Notre Seigneur : elle ne se contente plus de rester à Ses pieds… Elle ose s’approcher plus près, Le regarder longuement avec douceur et parfumer sa tête, et elle le fait avec une joie ineffable, comme un acte de vénération et d’adoration.

« Elle aime Jésus par-dessus tout et avec tant d’ardeur qu’elle éprouve un désir insatiable de Lui rendre hommage. » (Ludolphe le Chartreux).

 

Et parfumer la tête de Jésus, c’est reconnaître et louer Sa divinité, car « la tête du Christ, c’est Dieu ». (1 Co XI,3).

Marie-Madeleine a certainement reçu une forte motion intérieure, la pressant d’accomplir ce geste magnifique et prophétique.

Elle a compris de quel honneur est digne le corps de Jésus !

Elle L’aime d’une manière si vive et avec tant de force qu’elle est comme embrasée par un feu qui la porte à faire des folies d’amour pour son Bien-Aimé , et Lui la blesse en retour avec cette tendresse « qui est le propre de la vie de Dieu » et la pousse à Lui rendre des hommages qui soient vraiment dignes de Lui. Son âme est devenue un immense incendie d’amour.

Et ce feu amour ne peut rester oisif un seul instant, car la blessure intérieure qu’il provoque l’attendrit toujours plus profondément au point de la fondre tout entière en amour. Elle est dans un mouvement continuel qui la pousse à se donner davantage et à inventer de nouvelles occasions de témoigner à Jésus sa gratitude et sa piété.

 

Si elle a acquis en peu de temps des vertus nombreuses et considérables, bien loin de s’en glorifier, elle ne rapporte les dons reçus qu’à Jésus Seul, elle sait qu’elle n’y est pour rien, que « tout est grâce » et par ce geste d’amour, elle Lui en renvoie toute la gloire et offre un magnifique sacrifice de louange.

 

Marie-Madeleine avait déjà offert un parfum extrêmement agréable à Dieu en Lui apportant son âme enflammée et brisée par la douleur du repentir, ce fut son premier sacrifice, et elle l’a souvent renouvelé intérieurement, toute pénétrée du regret de ses fautes. A présent, alors que l’heure de la Passion approche, elle désire oindre Notre-Seigneur avec un parfum meilleur et plus agréable encore. Elle n’offre plus seulement à Jésus le parfum de sa contrition mais celui de son immense dévotion…

                « Car il y a un autre parfum, d'autant plus précieux celui-là, que la matière qui le compose est beaucoup plus excellente. Pour ce qui est de la matière du premier, il ne faut pas aller la chercher bien loin, nous la trouvons sans peine chez nous, et la cueillons en abondance dans notre jardin, toutes les fois que nous en avons besoin. Car qui est celui qui n’a pas, quand il veut, assez d'injustices et de péchés de son propre fonds, sous la main ?

Mais pour les aromates qui entrent dans le second parfum, ce n'est point notre terre qui les produit. Car tout don excellent et parfait vient d'en haut, et nous est communiqué par le Père des lumières. Or ce parfum est composé des bienfaits que la bonté divine a départis à l’âme, dans une action de grâce proportionnée à leur grandeur.

Et ce parfum est infiniment plus précieux et plus excellent que le premier. Il est un sacrifice de louange et d’adoration ; et Dieu a dit par la bouche du psalmiste : « Le sacrifice de louanges m’ honorera » (Ps XLIX,23). Le premier parfum se verse sur les pieds, et le second sur la tête. Et c'est évidemment parfumer la tête de Notre Seigneur, que de lui rendre des actions de grâces, parce que c'est toucher Dieu, et non pas l'homme. » (St Bernard)

Combien cet amour plein de délicatesse réjouit et console Notre-Seigneur : le parfum  répandu par Marie-Madeleine est pour Lui d’une douceur incomparable.

Il est touché par son cœur généreux qui prend soin de Lui avec d’innombrables attentions. Il voit son grand esprit d’abandon et cela Lui est extrêmement agréable, sa donation est complète et absolue et anime chacun de ses actes, elle se manifeste par tant de vertus sublimes : la révérence, la piété, la soumission, l’abandon. Marie-Madeleine est réellement la bonne odeur du Christ (II Co II,15). Elle est au sommet de l’amour le plus pur et le plus absolu, prête à tout livrer sans réserve en un magnifique holocauste.

C’est ainsi que Jésus veut être aimé ; et Lui seul est digne d’un tel amour et de si grands hommages.

 

Cette prodigalité sublime de Marie-Madeleine déplaît fort à Judas et va lui être reprochée ouvertement. Il s’est tu jusqu’à maintenant mais a de plus en plus de mal à se contenir.

Il observe la scène d’un regard mauvais.

Il méprise cette femme qui semble ignorer le prix des choses !

Les pécheurs sont souvent les plus sévères censeurs de la conduite des autres…

Soudain sa voix s’élève pour manifester tout haut son indignation et protester avec mauvaise humeur : « A quoi bon un tel gâchis ? On aurait pu vendre ce parfum et en retirer au moins trois cent deniers ! » (soit dix fois plus que ne sera estimé Notre Seigneur, livré pour 30 pièces d’argent…).

 

Son avis est manifestement partagé par les autres disciples ! Eux aussi (mais pas tous) conçoivent de la jalousie pour cette libéralité et murmurent dans leur coeur, ruminant intérieurement leur désaccord ou leur étonnement agacé : quel gaspillage inutile ! Ils trouvent à leur tour que cet argent aurait été plus utile aux pauvres…

Ou tout simplement ils ne comprennent pas!

 

Pourtant, ce n’est pas que Judas ait un réel souci des pauvres, car saint Jean fait remarquer qu’il était chargé de la bourse commune et détournait à son profit les fonds qu’on y versait…

Mais la plainte de Judas montre que son cœur est rempli de mondanité : et l’ homme terrestre et mondain « ne comprend pas les choses de Dieu, il n’accueille pas ce qui est de l’Esprit de Dieu : c’est folie pour lui et il ne peut le connaître. » (I Co II, 14).

Judas est corrompu par le péché d’avarice, passionné et avide des biens de la terre qu’il recherche comme une fin en soi… L'avarice est la maîtresse de son cœur : il n'est plus libre. Et surtout il est devenu sourd à la voix de Notre Seigneur : trop attaché aux biens présents, il n’attend et ne désire plus rien, il s’est fermé aux biens éternels…

Son égarement est riche d’enseignement pour nous, il montre combien le péché d’avarice aveugle les âmes.

Notre Seigneur l’avait choisi pour être l’un des douze, Il lui avait témoigné toute sa confiance et il lui avait aussi accordé toutes les lumières et les grâces requises pour porter la dignité d’apôtre.

Il a vécu continuellement dans la proximité et l’intimité du Christ.

Mais son âme a été corrompue par sa cupidité: et il arrive un temps après lequel il n’y a plus pour l’âme aucune ressource. Dieu, par une lumière intérieure, lui a montré ses égarements et n’a cessé de l’inviter à revenir à Lui ; mais si l’âme n’écoute pas, il arrive un moment où cette grâce si vive et puissante ne reviendra plus !

Judas se ferme de plus en plus. Son coeur s’est obscurci, et déjà il est prêt à trahir son Maître. Et c’est cet endurcissement qui cause à Jésus une douleur mortelle.

 

Marie-Madeleine, quant à elle, a reçu la grâce de fouler aux pieds tous les biens de la terre, elle ne désire plus que ceux du Ciel et tout le reste lui semble de la paille sans valeur. Il lui est devenu impossible de convoiter quoi que ce soit. Elle a fait de Jésus son unique trésor, et en Lui elle possède toutes les richesses les plus désirables.

 

Elle ne fait donc aucun cas de la réaction de Judas et des disciples, elle est comme sourde à leurs récriminations et ne cherche nullement à se justifier. Jésus l’a comprise et cela lui suffit ! 

D’ailleurs, son âme n’est-elle pas ravie ailleurs ?

Il n’y a plus que Lui qui existe à ses yeux, elle ne soucie plus du jugement des créatures, d’être approuvée ou non. Peu lui importe !

En cette heure où elle voit son Bien-Aimé si éprouvé, tout semble resserré à son âme, elle ne tient plus en elle-même, la terre lui semble trop étroite.

Elle sent qu’Il va mourir, et elle n’arrive pas à se faire à cette pensée. C’est comme un glaive qui la pénètre, la transperce et lui cause une blessure mortelle.

Combien elle désire partager Sa Passion, Le suivre jusqu’au bout, faire sien tous les sentiments de Son divin Cœur. L’amour l’entraîne à Sa suite, elle veut partager Son sort en tout.

C’est le propre de l’amour de vouloir laisser tout pour le Bien-Aimé, et de désirer avec ardeur aller après Lui, marcher toujours sur les traces de Ses pas et Le suivre partout. Marie-Madeleine sait que celui qui suit Jésus ne marche point dans les ténèbres, et combien Ses voies sont les plus belles, menant à la paix et à la joie.

 

Pleine de ces considérations, pleine aussi d’une amoureuse douceur, elle continue à caresser les cheveux de Jésus, alourdis par l’épais parfum. Puis elle s’abaisse à nouveau à Ses pieds pour essuyer ce qui reste de parfum, pour les embrasser longuement une ultime fois et Lui remettre Ses sandales.

Elle n’est plus qu’amour pour Lui. C’est une véritable effusion d’amour à Ses pieds.

Alors Jésus pose Sa main sur sa tête avec une immense tendresse, et Il prend sa défense : « Laissez-la faire ! Pourquoi la tourmentez-vous ainsi et lui faites-vous de la peine ? C’est une bonne action qu’elle a faite pour moi. Car des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours !

En mettant ce parfum sur mon corps, elle l’a fait en prévision de ma sépulture.

Je vous le dis, en vérité, partout où sera prêché cet évangile, dans le monde entier, ce qu’elle a fait sera raconté aussi, en mémoire d’elle ! »

Avec quelle douceur ces paroles résonnent dans le cœur de Madeleine ! Et en même temps, quelle vive douleur elles font renaître en son cœur, car Notre Seigneur annonce à nouveau à mots couverts sa mort prochaine.

En brisant le flacon d’albâtre et en le répandant sur Lui, c’est sa vie à elle qu’elle veut  briser et offrir à Jésus, elle a compris que lorsqu’on aime, on ne calcule pas ; elle s’est livrée totalement, elle ne nourrit plus aucun attachement en dehors de son Bien-Aimé, tout en elle est Sien.

Et son amour voudrait se faire plus inventif encore car « si jamais l’amour est ingénieux et produit de grands et nobles effets, il faut avouer que c’est particulièrement à la fin de la vie, quand il se voit menacé d’une séparation, qu’il fait paraître ses plus belles inventions et ses plus généreux transports. » (Bossuet)

 

Un silence lourd et oppressant entoure Jésus. Les disciples ont compris qu’Il annonce une fois encore Sa mort imminente. « Ils sont agités par la crainte et se communiquent mutuellement à voix basse leurs anxiétés ». (Ludolphe le Chartreux)

Marie-Madeleine, quant à elle, n’arrive plus à se détacher de Lui, ses larmes coulent à nouveau et témoignent de la vivacité de son amour. Elle ne cherche pas à les essuyer ni à les faire cesser.

Chacun des gestes qu’elle vient d’accomplir est intimement lié à la mort prochaine du Christ : à travers son acte d’adoration, elle désigne en quelque sorte ouvertement Jésus comme le Messie humilié, elle reconnaît Sa divinité, et le sort cruel qu’Il se prépare à vivre. Dieu seul est digne d’une telle profusion d’amour et son onction pleine d’amour est véritablement prophétique.

Elle accepte à l’avance en son coeur ce que la plupart des disciples refusent encore.

Malgré tout le soin qu’a pris Jésus à leur annoncer Sa Passion et à les y préparer, ils continuent d’attendre secrètement que Jésus manifeste Sa puissance et Sa gloire, désirant qu’Il triomphe de manière temporelle.

Madeleine, elle, a compris. Et c’est ce qui explique la profusion du don qu’elle Lui fait ! Comment pourrait-elle ne pas Lui donner tout, alors que Lui s’apprête à livrer Sa vie pour elle par la mort la plus cruelle et douloureuse ?

Et par cette onction, elle témoigne aussi à Jésus son désir de ne pas être séparée de Lui dans le mystère de sa Passion mais de l’accompagner jusqu’au bout, en suivant avec Lui la voie de l’amour qui se livre... Jésus qui lit dans le secret de son cœur, voit qu’elle est prête à offrir sa vie avec la Sienne, qu’elle Lui restera fidèle dans l’épreuve, et cela Le console délicieusement.

 

Elle laisse ensuite Jésus quitter la maison de Simon mais ses pensées l’accompagnent ; Il lui reste présent : Il n'est jamais absent pour elle. Il en est ainsi, elle a toujours sur les lèvres ou en ses pensées le Nom de Celui qui ne s'éloigne jamais de son cœur, alors même qu'il est loin.

 

Ce parfum précieux exhalé par l’âme aimante de Marie-Madeleine nous embaume encore de nos jours. Il est le secret de l’Eglise aimante. Il nous apprend à accepter nous aussi le mystère de la Croix, à entrer dans cet abîme de charité et à parfumer à notre tour Notre Seigneur en laissant monter vers Lui nos tendres désirs, nos sacrifices, notre ardent amour et nos continuelles louanges.

 


 
 

 

 



« Nous pouvons juger combien grande était la pieuse dévotion de Marie : pour récréer et soulager Son Sauveur au milieu de Ses travaux et de Ses courses apostoliques, elle n’hésitait pas un instant à faire des dépenses considérables et à Lui procurer des choses rares. » (Ludolphe le Chartreux)

Dom Marmion, dans « Le Christ idéal du moine » ch XIII : Dévotion, vient de devorere qui veut dire « consacrer », c’est la consécration de tout soi-même à Dieu. Quand on aime tout à fait quelqu’un, on ne compte pas ce qu’on dépense pour lui, on se prodigue volontiers et sans mesure en sa faveur. A l’égard de Dieu, ces dispositions constituent la dévotion. »

Saint Jean de la croix Vive Flamme Strophe I, 7.

« Si Dieu, qui ne nous doit rien, est prêt à nous offrir rien de moins que Lui-même, ne Lui répondrons-nous qu’avec une partie de nous-mêmes ?

Se donner entièrement à Dieu est le moyen de recevoir Dieu Lui-même. Moi pour Dieu et Dieu pour moi ! Je vis pour Dieu et renonce à moi-même, et ainsi j’incite Dieu à vivre pour moi. Pour posséder Dieu, nous devons Lui permettre de posséder toute notre âme. » (Sainte Mère Teresa de Calcutta)