Pensée  du Jour

18 mars 2009

Représentez-vous, chrétiens, ce que c'est qu'un pauvre artisan, qui n'a point d'autre héritage que ses mains, ni d'autre fonds que sa boutique, ni d'autre ressource que son travail. Il est contraint d'aller en Egypte et de souffrir un exil fâcheux, et cela pour quelle raison ? Parce qu'il a Jésus-Christ avec lui. Cependant croyez-vous, fidèles, qu'il se plaigne de cet Enfant incommode, qui le tire de sa patrie et qui lui est donné pour le tourmenter ? Au contraire, ne voyez-vous pas qu'il s'estime heureux de souffrir en sa compagnie, et que toute la cause de son déplaisir, c'est le péril du divin Enfant qui lui est plus cher que lui-même ? Mais peut-être a-t-il sujet d'espérer de voir bientôt unir ses disgrâces ? Non, fidèles ; il ne l'attend pas ; partout on lui prédit des malheurs. Siméon l'a entretenu des étranges contradictions que devait souffrir ce cher Fils : il en voit déjà le commencement, et il passe sa vie dans de continuelles appréhensions des maux qui lui sont préparés.

Bossuet,

Premier Panégyrique de Saint Joseph.

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