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Pensée du Jour 17 mars 2009 […] Il nous faut apprendre, par les traverses continuelles qui ont exercé saint Joseph depuis que Jésus-Christ est mis en sa garde, qu'on ne peut conserver ce dépôt sans peine, et que pour être fidèle à sa grâce il faut se préparer à souffrir. Oui certes, quand Jésus entre quelque part, il y entre avec sa croix, il y porte avec lui toutes ses épines, et il en fait part à tous ceux qu'il aime. Joseph et Marie étaient pauvres ; mais ils n'avoient pas encore été sans maison, ils avaient un lieu pour se retirer. Aussitôt que cet enfant vient au monde, on ne trouve point de maison pour eux, et leur retraite est dans une étable. Qui leur procure cette disgrâce, sinon celui dont il est écrit que, « venant en son propre bien, il n'y a pas été reçu par les siens, » et qu'il n'a pas de gîte assuré où il puisse reposer sa tête ? Mais n'est-ce pas assez de leur indigence ? Pourquoi leur attire-t-il des persécutions ? Ils vivaient ensemble dans leur ménage, pauvrement, mais avec douceur, surmontant leur pauvreté par leur patience et par leur travail assidu. Mais Jésus ne leur permet pas ce repos : il ne vient au monde que pour les troubler, et il attire tous les malheurs avec lui. Hérode ne peut souffrir que cet enfant vive : la bassesse de sa naissance n'est pas capable de le cacher à la jalousie de ce tyran. Le Ciel lui-même trahit le secret : il découvre Jésus-Christ par une étoile ; et il semble qu'il ne lui amène de loin des adorateurs, que pour lui susciter dans son pays propre un persécuteur impitoyable. Bossuet, Premier Panégyrique de Saint Joseph. _____________________
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