Pensée  du Jour

10 mars 2009

Demandons aux anciens docteurs de quelle sorte ils nous définissent la virginité chrétienne. Ils nous répondront d'un commun accord que c'est une imitation de la vie des anges ; qu'elle met les hommes au-dessus du corps par le mépris de tous ses plaisirs ; et qu'elle élève tellement la chair qu'elle l'égale en quelque façon, si nous l'osons dire, à la pureté des esprits. Expliquez-le-nous, ô grand Augustin, et faites-nous entendre en un mot quelle estime vous faites des vierges. Voici une belle parole : Habent aliquid jam non carnis in carne. Ils ont, dit-il, en la chair quelque chose qui n'est pas de la chair, et qui tient de l'ange plutôt que de l'homme : Habent aliquid jam non carnis in carne. Vous voyez donc que, selon ce Père, la virginité est comme un milieu entre les esprits et les corps, et qu'elle nous fait approcher des natures spirituelles ; et de là il est aisé de comprendre combien cette vertu devait avancer le mystère de l'incarnation. Car qu'est-ce que le mystère de l'incarnation ? C'est l'union très-étroite de Dieu et de l'homme, de la divinité avec la chair. « Le Verbe a été fait chair » dit l'Evangéliste ; voilà l'union, voilà le mystère.

Bossuet,

Premier Panégyrique de Saint Joseph.

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