La Pensée du Jour

 

6 avril 2007
 

Vendredi Saint.


« O heure salutaire de la Passion ! heure de None, signalée par la plus grande des grâces, ô la plus célèbre des heures ! A ce moment, ô notre Epoux aimé, donnez-nous le baiser du haut de votre Croix, après avoir triomphé par elle. Nous l’implorons, ce baiser ; accordez-nous le salut qui vient de vous seul, admirable triomphateur, qui conduisez votre char avec tant de noblesse, Dieu clément, notre glorieux champion ! Dites-nous : Hommes, je vous envoie le salut ; reprenez vos forces et combattez vaillamment ; soyez fermes et robustes. O Christ qui pénétrez nos cœurs, daignez leur parler. Vous qui aujourd’hui accomplîtes une telle œuvre, ne pouvez-vous la renouveler à ce moment ? Oui, vous le pouvez ; car vous êtes tout-puissant. Vous le pouvez ; car vous êtes plein d’amour; et votre puissance s’élève au-dessus de nos pensées. Rien ne vous est impossible, ô Dieu tout-puissant! Vous qui êtes remonté triomphant vers le Père, avec lequel vous demeurâtes toujours, et qui est avec vous une même chose, Jésus très aimé, donnez-nous votre baiser; car votre baiser est doux, et vos caresses plus délicieuses que le vin, plus suaves que les meilleurs parfums. Votre nom est une essence odorante ; les jeunes filles qui représentent les âmes vous ont donné leur amour ; les cœurs droits vous aiment, et vous les entraînez après vous. Votre lit est couvert de fleurs ; son pavillon est la Croix. C’est à cette heure que vous arrivez d’Edom, c’est-à-dire de votre Croix, vos vêtements ayant changé de couleur à Bosra. Après avoir foulé seul le grand pressoir, vous monterez au ciel; les Anges et les Archanges diront : Quel est celui qui arrive de Bosra, avec ses vêtements dont la couleur est changée ? A cette demande : Pourquoi votre vêtement est-il empourpré ? vous répondrez : A moi seul j’ai foulé le pressoir, et, de toutes les nations, nul homme n’a partagé mon travail. Oui, votre corps, ô Sauveur, a été pour nous empourpré ; vous avez lavé votre tunique dans le vin, et votre manteau dans le sang de la grappe. Vous qui êtes le seul Dieu, vous avez été crucifié pour nous, que l’antique prévarication avait livrés à la mort ; vos blessures ont guéri les blessures innombrables que nous avaient faites nos péchés. O Christ crucifié, dans votre bonté faites-nous part de votre rédemption, avec ceux qui vous sont le plus chers. Dieu plein de miséricorde, sauvez-nous; vous qui régnez avec le Père et le Saint-Esprit, en l’unité, à jamais, dans les siècles des siècles. »
 

Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.

 

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