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La Pensée du Jour
5 mars 2007
Lundi de
la Deuxième semaine de Carême
« Cette lamentable supplication que Daniel adressait à Dieu du sein de
la captivité de Babylone fut exaucée ; et après soixante-dix ans d’exil,
Israël revit sa patrie, releva le Temple du Seigneur, et reprit le cours
de ses destinées merveilleuses. Mais voici qu’aujourd’hui encore, et
depuis dix-huit siècles, ces tristes paroles du Prophète sont à peine
l’expression suffisante de la nouvelle désolation qui est venue fondre
sur Israël. La fureur de Dieu est sur Jérusalem, les ruines mêmes du
temple ont péri, le peuple toujours vivant est dispersé par toute la
terre et donné en spectacle aux nations. Une malédiction pèse sur lui ;
il est errant comme Caïn ; et Dieu veille à ce qu’il ne soit jamais
anéanti. Terrible problème pour la science rationaliste; mais pour le
chrétien, châtiment toujours visible du plus grand des forfaits. Telle
est l’explication de ce phénomène : « La lumière est venue au milieu des
ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise (JOHAN. I, 5.). » Si
les ténèbres eussent accepté la lumière, aujourd’hui elles ne seraient
plus ténèbres; mais il n’en fut pas ainsi : Israël a mérité son abandon.
Plusieurs de ses fils ont consenti à reconnaître le Juste, et ils sont
devenus enfants de la lumière; et c’est même par eux que la lumière
s’est levée sur le monde entier. Quand le reste d’Israël ouvrira-t-il
les yeux ? Quand ce peuple consentira-t-il à adresser au Seigneur la
prière de Daniel ? Il la possède, il la lit souvent : et elle ne pénètre
point jusqu’à son cœur fermé par l’orgueil. Nous, les derniers venus de
la famille, prions pour nos aînés. Quelques-uns d’entre eux, chaque
année, se séparent de la masse maudite ; ils viennent demander à Jésus
de les admettre dans le nouvel Israël. Que leur arrivée soit bénie; et
daigne le Seigneur, dans sa bonté, faire que leur nombre s’accroisse de
plus en plus, afin que toute créature humaine adore en tous lieux le
Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, avec son Fils Jésus-Christ qu’il a
envoyé ! »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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