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La Pensée du Jour
30
avril 2007
« Tout entière aux joies
de la résurrection de son Epoux, la sainte Eglise s’adresse à vous, ô
Catherine, à vous qui suivez ce divin Agneau partout où il va (Apoc. X,
4. 1). Dans ce lieu d’exil où il ne doit plus s’arrêter longtemps, elle
ne jouit que par intervalles de sa présence ; elle vous demande donc : «
L’avez-vous rencontré, celui que chérit mon âme (Cant. III, 3.) ? » Vous
êtes son Epouse, elle l’est aussi ; mais pour vous il n’y a plus de
voiles, plus de séparation, tandis que pour elle la jouissance est rare
et rapide, et la lumière tempérée encore par les ombres. Mais quelle vie
a été la vôtre, ô Catherine ! Elle a uni la plus poignante compassion
pour les douleurs de Jésus, aux délices les plus enivrantes de sa vie
glorifiée. Vous pouvez nous initier aux mystères sanglants du Calvaire
et aux magnificences de la Résurrection. Ces dernières sont en ce moment
l’objet de notre méditation respectueuse ; parlez-nous donc de notre
divin Ressuscité. N’est-ce pas lui qui a passé à votre doigt virginal
l’anneau nuptial, cet anneau orné d’un diamant non pareil qu’entourent
quatre pierres précieuses ? Les rayons lumineux qui jaillissent de vos
membres stigmatisés ne nous disent-ils pas que vous l’avez vu tout
resplendissant de l’éclat de ses plaies glorieuses, lorsque l’amour vous
transforma en lui ? Fille de Madeleine, vous annoncez comme elle à
l’Eglise qu’il est ressuscité, et vous allez achever au ciel cette
dernière Pâque, cette Pâque de votre trente-troisième année. O
Catherine, mère des âmes ici-bas, aimez-les jusque dans le séjour de la
gloire où vous brillez entre les épouses du grand Roi. Nous aussi, nous
sommes dans la Pâque, dans la vie nouvelle ; veillez sur nous, afin que
la vie de Jésus ne s’éteigne jamais dans nos âmes, mais qu’elle croisse
toujours par l’amour dont votre vie toute céleste nous offre l’admirable
modèle.
Dom Guéranger,
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