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La Pensée du Jour
28
mars 2007
Mercredi de
la semaine de la Passion
« C’est par la foi, et par la foi seule, que l’homme peut arriver à Dieu
en ce monde. Dieu se manifeste par des œuvres divines ; l’homme qui les
connaît doit croire la vérité que de telles œuvres attestent ; en
croyant ainsi, il a en même temps la certitude de ce qu’il croit et le
mérite de sa croyance. Le Juif superbe se révolte ; il voudrait dicter
la loi à Dieu même, et il ne comprend pas que sa prétention est aussi
impie qu’elle est absurde.
Cependant il faut que la doctrine divine ait son cours, dût-elle exciter
le scandale de ces esprits pervers. Jésus n’a pas à parler seulement
pour eux : il faut aussi qu’il le fasse pour ceux qui croiront. Il dit
donc alors cette grande parole, par laquelle il atteste, non plus
seulement sa qualité de Christ, mais sa divinité : « Moi et mon Père,
nous sommes une même chose ». Il savait qu’en s’exprimant ainsi il
exciterait leur fureur ; mais il fallait qu’il se révélât à la terre et
confondît d’avance l’hérésie. Arius se lèvera un jour contre le Fils de
Dieu, et dira qu’il n’est que la plus parfaite des créatures : l’Eglise
répondra qu’il est une même chose avec le Père, qu’il lui est
consubstantiel ; et après bien des agitations et bien des crimes, la
secte arienne s’éteindra et tombera dans l’oubli. Les Juifs sont ici les
précurseurs d’Arius. Ils ont compris que Jésus confesse qu’il est Dieu,
et ils tentent de le lapider. Par une dernière condescendance, Jésus
veut les préparera goûter cette vérité, en leur montrant par leurs
Ecritures que l’homme peut recevoir quelquefois, dans un sens restreint,
le nom de Dieu, à raison des fonctions divines qu’il exerce ; puis il
porte de nouveau leur pensée sur les prodiges qui témoignent si
hautement de l’assistance que lui prête son Père, et répète avec une
fermeté nouvelle que « le Père est en lui, et lui dans le Père ». Rien
ne peut convaincre ces cœurs obstinés ; et la peine du péché qu’ils ont
commis contre le Saint-Esprit pèse toujours sur eux davantage. Que
différent est le sort des brebis du Sauveur! « Elles écoutent sa voix,
elles le suivent ; il leur donne la vie éternelle, et nul ne les ravira
de ses mains. » Heureuses brebis ! elles croient parce qu’elles aiment ;
c’est par le cœur que la vérité se fait jour en elles ; de même que
c’est par l’orgueil de l’esprit que les ténèbres pénètrent dans l’âme de
l’incrédule, et s’y établissent pour toujours. L’incrédule aime les
ténèbres; il les appelle lumière, et il en vient à blasphémer, sans plus
sentir qu’il blasphème. Le Juif en vient jusqu’à crucifier le Fils de
Dieu pour rendre hommage à Dieu. »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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