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La Pensée du Jour
28 février 2007
Mercredi après le premier dimanche de Carême
« Le Sauveur dénonce à Israël les châtiments qui l’attendent pour son
aveuglement volontaire et pour la dureté de son cœur. Israël veut des
prodiges pour croire ; il en est entouré, et il ne les voit pas. Tels
sont les hommes de nos jours. Pour reconnaître le christianisme comme
divin, il leur faudrait des preuves ; et cependant l’histoire est
ouverte devant eux. Les événements présents rendent aussi leur
témoignage ; mais rien ne les réveille. Ils s’en tiennent à leurs
systèmes toujours déçus, et ils n’arriveront à comprendre que l’Eglise
catholique est le fondement de la société, qu’au jour où la société
qu’ils ont isolée eux-mêmes de l’Eglise s’écroulera dans l’abîme creusé
par leurs mains. « Génération perverse et adultère », dit le Seigneur,
contre laquelle s’élèveront les peuples infidèles qui n’ont point connu
les institutions chrétiennes, et qui les eussent peut-être aimées et
conservées. Craignons le sort des Juifs, auxquels le siège de Jérusalem,
sa ruine même, ne purent ouvrir les yeux, et qui restent encore fidèles
aux illusions de leur orgueil après un esclavage de dix-huit siècles. Au
milieu des périls de la société, que les enfants de l’Eglise comprennent
aussi leur responsabilité. Qu’ils se demandent pourquoi les sages du
monde, les politiques de ce monde, ont cesse de compter avec eux ?
Pourquoi, aujourd’hui encore, ces hommes ont tant de peine à apercevoir
quelque part l’élément catholique ? C’est que les catholiques avaient
délaissé l’Eglise et ses saintes pratiques. Chaque jour, une solitude
plus grande se faisait remarquer dans nos Eglises, les sacrements
n’étaient plus fréquentés, le Carême n’était plus qu’un mot sur le
calendrier. Revenons non seulement à la foi de nos pères, mais à
l’observation des lois chrétiennes : c’est alors que le Seigneur aura
pitié de son peuple infidèle, à cause des justes qui seront dans son
sein. L’apostolat de l’exemple produira ses fruits ; et si un faible
faisceau de fidèles fut pour les peuples de l’empire romain ce levain
dont parle le Sauveur, qui fait fermenter toute la pâte : au milieu
d’une société qui conserve encore plus d’éléments catholiques qu’elle ne
le pense, notre zèle à confesser et à pratiquer les devoirs de la milice
chrétienne ne demeurera point sans résultat. »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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