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La Pensée du Jour
27 février 2007
Mardi après le premier dimanche de Carême
« Notre pieuse Qurantaine est à peine à son début, et avant qu’elle soit
terminée nous aurons assisté au supplice du Juste. Voici déjà ses
implacables ennemis qui se dressent devant lui. En vain, leurs yeux
viennent d’être témoins de ses prodiges : l’envie et l’orgueil qui
dessèchent leur cœur n’ont rien voulu comprendre. Ces infidèles gardiens
de la maison de Dieu sont demeures muets quand tout à l’heure ils ont vu
Jésus faire acte d’autorité dans le temple ; un étonnement mêlé de
terreur les a saisis. Ils n’ont pas même réclamé quand il a appelé le
temple sa maison : tant ils éprouvaient l’ascendant de sa vertu, tant
ils redoutaient son pouvoir surhumain. Maintenant, ils ont repris leur
audace : la voix des enfants qui crient encore Hosannah frappe leur
oreille, et ils s’indignent. Ils osent se plaindre de cet innocent
hommage rendu au fils de David qui passe en faisant le bien. Ces
docteurs de la Loi, aveuglés par la passion, ne savent même plus
reconnaître les prophéties, ni en découvrir l’accomplissement. C’est
l’application de l’oracle d’Isaïe que nous venons de lire. Pour n’avoir
pas cherché le Seigneur quand il était près d’eux, ils ne peuvent plus
le reconnaître, lors même qu’ils lui parlent. Les enfants le sentent et
le bénissent ; les sages d’Israël ne voient en lui qu’un ennemi de Dieu,
un blasphémateur. Nous, du moins, profitons de la visite de Jésus, afin
qu’il ne nous quitte pas, comme il quitta ces faux sages. Il se relira
d’auprès d’eux, et, laissant la ville, il retourna à Béthanie qui était
proche de Jérusalem. C’est là qu’habitait Lazare, avec ses deux sœurs
Marthe et Marie-Madeleine ; là aussi qu’était retirée Marie Mère de
Jésus, dans l’attente du terrible événement qui bientôt devait
s’accomplir. Saint Jérôme remarque que le mot Béthanie signifie Maison
d’obéissance : ce qui nous apprend que le Sauveur s’éloigne des cœurs
rebelles à sa grâce, et qu’il aime à se reposer dans les cœurs
obéissants (Matth., XXI). Acceptons la leçon tout entière, et dans ces
jours de salut, montrons, par notre obéissance à l’Eglise et par notre
soumission au guide de notre conscience, que nous avons enfin reconnu
qu’il n’y a pour nous de salut que dans l’humiliation de l’orgueil et
dans la simplicité du cœur. »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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