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La Pensée du Jour
27
avril 2007
« Tournons aujourd’hui
nos regards vers un autre spectacle ; abaissons-les sur Jérusalem, la
ville déicide qui retentissait, il y a quinze jours, de l’horrible cri :
« Otez-le ! ôtez-le ! crucifiez-le ! » Est-elle émue des grands
événements qui se sont accomplis dans son sein ? la rumeur qui s’est
répandue sur le tombeau trouvé vide dure-t-elle encore ? Les ennemis du
Sauveur sont-ils parvenus à endormir le public par leur ignoble
stratagème ? Ils ont fait venir les gardes du sépulcre, et ils leur ont
donné de l’argent pour dire à qui voudra les entendre, qu’ils ont mal
gardé la consigne qu’on leur avait assignée, qu’ils se sont tous laissés
aller au sommeil, et que, pendant ce temps, les disciples sont venus
furtivement et ont enlevé le corps de leur Maître. Dans la crainte que
ces soldats ne s’inquiètent des suites que peut avoir pour eux une telle
infraction à la discipline, on leur a promis de négocier l’impunité
auprès des chefs (MATTH. XXVIII, 12).
Voilà donc le dernier effort de la synagogue pour anéantir jusqu’à la
mémoire de Jésus de Nazareth ! Elle prétend en faire un obscur imposteur
qui a fini par un supplice honteux, et qu’une plus honteuse supercherie
a achevé de compromettre après sa mort. Encore quelques années
cependant, et le nom de ce Jésus, s’échappant de l’étroite enceinte de
Jérusalem et de la Judée, aura retenti jusqu’aux extrémités de la terre.
Encore un siècle, et les adorateurs de ce Jésus couvriront le monde.
Encore trois siècles, et la corruption païenne s’avouera vaincue, et les
idoles rouleront dans la poussière, et la majesté des Césars s’inclinera
devant la croix. Dis donc encore, ô Juif aveugle et obstiné, qu’il n’est
pas ressuscité, celui que tu n’as su que maudire et crucifier, lorsque
maintenant il est le roi du monde, le monarque béni d’un empire sans
limites. Relis donc encore une fois tes propres oracles, ces oracles que
nous avons reçus de ta main. Ne disent-ils pas que le Messie sera
méconnu, qu’il sera mis au rang des scélérats, et traité par toi comme
l’un d’eux (ISAI. LIII, 12.) ? Mais ne disent-ils pas aussi que « son
sépulcre sera glorieux (Ibid. X, 10.) ? » Pour tout autre homme le
tombeau est l’écueil contre lequel vient se briser sa gloire ; pour
Jésus, il en a été autrement : le trophée de sa victoire est un sépulcre
; et c’est parce qu’il a étouffé la mort dans ses bras victorieux que
nous le proclamons le Messie, le Roi des siècles, le Fils de Dieu. »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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