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La Pensée du Jour
20
mars 2007
Mardi de
la quatrième semaine de Carême
« Le crime de l’idolâtrie était le plus répandu dans le monde, à
l’époque de la prédication de l’Evangile. Durant plusieurs siècles,
toutes les générations de Catéchumènes que l’Eglise initiait, en ces
jours, à la vraie foi, étaient entachées de cette souillure. C’est afin
d’inspirer à ces élus une horreur salutaire de leur conduite passée,
qu’on leur lisait aujourd’hui ces terribles paroles de Dieu qui, sans
l’intervention de Moïse, allait exterminer, en punition de sa rechute
dans l’idolâtrie, un peuple en faveur duquel il avait opéré des prodiges
inouïs, et auquel il venait en personne donner sa loi. Ce culte grossier
des faux dieux n’existe plus parmi nous ; mais il est encore exercé chez
des peuples nombreux, rebelles jusqu’ici à la prédication de l’Evangile.
Disons tout : il pourrait encore renaître au sein de notre Europe
civilisée, si la foi en Jésus-Christ venait à s’y éteindre. La
génération qui nous a précédés n’a-t-elle pas vu l’idole de la Raison
placée sur l’autel, couronnée de fleurs et recevant l’hommage d’un
sacrilège encens ? Un homme ou une société livrés à Satan ne sont pas
maîtres de s’arrêter où il leur plaît. Les descendants de Noé devaient
sans doute être émus de l’affreuse catastrophe du déluge, dont la terre
porta si longtemps les traces ; cependant, l’idolâtrie avait fait déjà
d’immenses progrès, lorsque Dieu fut contraint de séquestrer Abraham
pour l’en préserver. Soyons reconnaissants envers l’Eglise qui, par son
enseignement et par la morale qui en découle, nous préserve de cette
honte et de cet abrutissement, et gardons-nous de suivre nos passions :
car toutes conduiraient à l’idolâtrie, si la lumière de la foi nous
était enlevée. »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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