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La Pensée du Jour
2 mars 2007
Vendredi après le premier dimanche de Carême
« Portons nos regards sur les pénitents publics que l’Eglise se prépare
à rétablir bientôt dans la participation des Mystères. Mais auparavant
ils ont besoin d’être réconciliés avec Dieu qu’ils ont offensé. Leur âme
est morte par le péché ; pourra-t-elle donc revivre ? Oui, le Seigneur
nous l’atteste; et la lecture du Prophète Ezéchiel, que l’Eglise
commençait hier pour les Catéchumènes, elle la continue aujourd’hui en
faveur des pénitents publics. « Que l’impie, dit le Seigneur, fasse
pénitence de tous les péchés qu’il a commis ; qu’il garde désormais mes
préceptes : il vivra certainement, et il ne mourra pas. » Cependant ses
iniquités sont là, qui s’élèvent contre lui ; leur voix est montée
jusqu’au ciel et provoque une vengeance éternelle. Assurément, il en est
ainsi ; mais voici que le Seigneur qui sait tout, qui n’oublie rien,
nous déclare qu’il ne se souviendra plus de l’iniquité rachetée par la
pénitence. Telle est la tendresse de son cœur paternel, qu’il veut bien
oublier l’outrage qu’il a reçu d’un fils, si ce fils revient sincèrement
à son devoir. Ainsi nos pénitents seront réconciliés, et au jour de la
Résurrection du Sauveur, ils se mêleront aux justes, parce que Dieu ne
gardera plus souvenir de leurs iniquités ; ils seront devenus justes
eux-mêmes. En remontant par la pensée le cours des âges, nous nous
retrouvons ainsi en face de ce grand spectacle de la pénitence publique,
dont la Liturgie, qui ne change pas, a seule conservé les traces
aujourd’hui. De nos jours, les pécheurs ne sont plus mis à part ; la
porte de l’église ne leur est plus fermée ; ils se tiennent souvent tout
près des saints autels, mêlés aux justes ; et quand le pardon descend
sur eux, l’assemblée des fidèles n’en est point avertie par des rites
spéciaux et solennels. Admirons la miséricorde divine, et profitons de
l’indulgence de notre mère la sainte Eglise. A toute heure et sans
éclat, la brebis égarée peut rentrer au bercail : qu’elle use donc de la
condescendance dont elle est l’objet, et qu’elle ne quitte plus
désormais le Pasteur qui a daigné l’accueillir encore. Quant au juste,
qu’il ne s’élève pas par une vaine com-plaisance, en se comparant à la
pauvre brebis égarée ; qu’il médite ces paroles : « Si le juste se
détourne de la justice, s’il commet l’iniquité, toutes les œuvres de
justice qu’il avait faites, on ne s’en souviendra plus ». Craignons donc
pour nous-mêmes, et ayons pitié des pécheurs. La prière des fidèles pour
les pécheurs, durant le Carême, est un des grands moyens sur lesquels
compte l’Eglise pour obtenir leur réconciliation. »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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