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La Pensée du Jour
17
mars 2007
Samedi de
la Troisième semaine de Carême
« Voici maintenant le salut par la miséricorde. Le crime de cette femme
[la femme adultère (Johannem. Cap. VIII)] est réel ; la loi la condamne
à mort ses accusateurs, en requérant la peine, sont fondés en justice :
et cependant la coupable ne périra pas. Jésus la sauve, et pour ce
bienfait il ne lui impose qu’une seule condition : qu’elle ne pèche
plus. Quelle dut être sa reconnaissance envers son libérateur ! Comme
elle dut avoir à cœur désormais, de suivre les ordres de celui qui
n’avait pas voulu la condamner et à qui elle devait la vie ! Pécheurs
que nous sommes, entrons dans ces sentiments à l’égard de notre
Rédempteur. N’est-ce pas lui qui a retenu le bras de la divine justice
prêt à nous frapper ? N’en a-t-il pas détourné les coups sur lui-même ?
Sauvés par sa miséricorde, unissons-nous aux Pénitents de l’Eglise
primitive, et durant ces jours qui nous restent encore, établissons
solidement les bases de notre nouvelle vie. Jésus ne répond qu’un seul
mot aux Pharisiens qui sont venus le tenter au sujet de cette femme ;
mais cette parole si brève n’en doit pas moins être recueillie par nous
avec respect et reconnaissance : car si elle exprime la pitié divine du
Sauveur pour la pécheresse tremblante à ses pieds, elle renferme aussi
une leçon pratique pour nous. Que celui d’entre vous qui est sans péché
lui jette la première pierre. Dans ce temps de réparation et de
pénitence, rappelons-nous les médisances dont nous nous sommes rendus
coupables envers le prochain, ces pèches de la langue que l’on se
reproche si peu, que l’on oublie si vite, parce qu’ils coulent, pour
ainsi dire, de source. Si la parole du Sauveur eût retenti, comme elle
le devait, au fond de notre cœur ; si nous eussions songé avant tout à
tant de côtés répréhensibles qui sont en nous, n’est-il pas vrai que
jamais nous n’eussions trouvé le courage d’attaquer la conduite du
prochain, de révéler ses fautes, de juger jusqu’à ses pensées et ses
intentions ? Prenons-y garde dans l’avenir : Jésus connaissait la vie
des accusateurs de cette femme ; il sait la nôtre tout entière : malheur
donc à nous si nous ne devenons pas indulgents pour nos frères !
Considérons enfin la malice des ennemis du Sauveur, et avec quelle
perfidie ils lui tendent un piège. S’il prononce en faveur de la vie de
cette femme, ils l’accuseront de mépriser la loi de Moïse qui la
condamne à être lapidée ; s’il répond conformément à la loi, ils le
traduiront au peuple comme un homme cruel et sanguinaire. Jésus, par sa
prudence céleste, échappe à leurs embûches ; mais nous devons prévoir
déjà quel sort lui est réservé le jour où, s’étant livré entre leurs
mains, il n’opposera plus à leurs calomnies et à leurs outrages que le
silence et la patience d’une victime vouée à la mort."
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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