|

La Pensée du Jour
15
mars 2007
Jeudi de
la Troisième semaine de Carême
« Le jour marque le milieu de la sainte Quarantaine, et c’est pour cela
qu’il est appelé le Jeudi de la mi-Carême. Nous accomplissons en effet
aujourd’hui le vingtième jeune sur quarante que nous impose l’Eglise en
ce saint temps. Chez les Grecs, c’est la journée d’hier qui est comptée
comme Mésonestime à proprement parler, ou milieu des jeûnes ; au reste,
ils donnent ce nom, ainsi que nous l’avons vu, à la semaine tout
entière, qui est, dans leur liturgie, la quatrième des sept dont est
formé leur Carême. Mais le Mercredi de cette semaine est, chez eux,
l’objet d’une fête solennelle, un jour de réjouissance, où l’on ranime
son courage pour achever la carrière. Les nations catholiques de
l’Occident, sans considérer le jour où nous sommes parvenus comme une
fête, ont toujours eu la coutume de le passer dans une certaine
allégresse. La sainte Eglise Romaine s’est unie à cette pratique ; mais
afin de ne pas donner prétextée une dissipation qui pourrait nuire à
l’esprit du jeûne, elle a remis l’expression plus marquée de cette joie
innocente au Dimanche suivant, comme nous le verrons ci-après. Toutefois
il n’est pas contre l’esprit du Christianisme de fêter aujourd’hui le
jour central du Carême, en réunissant, à la manière de nos pères, de
plus nombreux convives, et en servant la table avec plus de recherche et
d’abondance, pourvu toutefois que l’abstinence et le jeûne soient
respectés. Mais, hélas ! avec le relâchement qui règne aujourd’hui dans
notre malheureux pays, combien de gens, qui se disent catholiques, n’ont
guère fait autre chose depuis vingt jours que de violer ces lois du
jeûne et de l’abstinence, sur la foi de dispenses légitimes ou
extorquées ! Quel sens peuvent avoir pour eux les joies naïves que
goûtent aujourd’hui, en de lointaines provinces, ces familles de vieux
chrétiens qui n’ont point encore laissé périr chez eux les saintes
traditions ? Mais ces joies, pour les éprouver, il faut les avoir
méritées par quelques privations, par un peu de gêne imposée au corps :
et c’est ce que trop de catholiques de nos jours ne savent plus faire.
Prions pour eux, afin que Dieu leur donne de comprendre enfin à quoi les
oblige la foi qu’ils professent. »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
Retour Accueil
Archives
|