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La Pensée du Jour
13
mars 2007
Mardi de
la Troisième semaine de Carême
« La miséricorde que le Seigneur veut voir en nous ne consiste pas
seulement à répandre l’aumône corporelle et spirituelle dans le sein des
malheureux; elle embrasse encore le pardon et l’oubli des injures. C’est
ici que Dieu nous attend pour éprouver la sincérité de notre conversion.
« La mesure dont vous aurez usé envers les autres, dit-il, sera celle
dont on usera envers vous (Luc. VI, 38.). »
Si nous pardonnons du fond du cœur à nos ennemis, le Père céleste nous
pardonnera sans restriction à nous-mêmes. En ces jours de
réconciliation, efforçons-nous de gagner nos frères, comme dit le
Seigneur; et pour cela, pardonnons, quand bien même il le faudrait faire
septante fois sept fois. Nos rixes d’un jour sur le chemin de l’éternité
ne doivent pas nous faire manquer le terme du voyage. Remettons donc les
torts et les injures, et imitons la conduite de Dieu lui-même à notre
égard.
Remarquons encore dans notre Evangile ces paroles qui sont le fondement
de notre espérance, et qui doivent retentir jusqu’au fond de nos cœurs
reconnaissants : Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié
dans le ciel. Quel nombre immense de pécheurs vont faire l’expérience de
cette heureuse promesse ! Ils confesseront leurs péchés, ils offriront à
Dieu l’hommage d’un cœur contrit et humilié ; et au moment où le prêtre
les déliera sur la terre, la main de Dieu au ciel les dégagera des liens
qui les tenaient enchaînés pour les supplices éternels.
Enfin, n’oublions pas non plus cette autre parole qui est liée à la
précédente : Si quelqu’un n’écoute pas l’Eglise, qu’il vous soit comme
un païen et un publicain. Qu’est-ce donc que cette Eglise dont il est
parlé ici? Des hommes auxquels Jésus-Christ a dit : Qui vous écoute
m’écoute ; qui vous méprise me méprise ; des hommes par la bouche
desquels la vérité, qui seule peut sauver, arrive à l’oreille du
Chrétien ; des hommes qui seuls sur la terre peuvent réconcilier le
pécheur avec Dieu, lui fermer l’enfer et lui ouvrir le ciel. Devons-nous
donc nous étonner après cela que le Sauveur, qui les a voulus pour ses
intermédiaires entre lui et les hommes, menace de regarder comme un
païen, comme un homme sans baptême, celui qui ne reconnaît pas leur
autorité? En dehors de leur enseignement, point de vérité révélée ; en
dehors des Sacrements qu’ils administrent, point de salut; en dehors de
la soumission aux lois spirituelles qu’ils imposent, point d’espérance
en Jésus-Christ."
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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