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La Pensée du Jour
11
avril 2007
Mercredi
de Pâques.
« Chassons le vieux levain, et célébrons d’un cœur sincère la nouvelle
résurrection ;
C’est le jour de notre espérance, le jour dont la Loi tout entière
célèbre la puissance.
C’est le jour qui dépouilla l’Egypte, et qui délivra les Hébreux des
fers de la captivité.
Foulés par leurs ennemis, ils ne connaissaient que le labeur de
l’esclavage, l’argile, la brique et le chaume.
Que maintenant notre voix fasse éclater librement la louange du divin
exploit, qu’elle célèbre la victoire, qu’elle chante notre salut ;
Car voici le jour qu’a l’ait le Seigneur, jour qui met fin à nos
douleurs, jour qui apporte la délivrance.
La Loi fut l’ombre des choses à venir ; le Christ qui vient tout
accomplir est la fin des promesses.
Son sang a fait disparaître le gardien qui nous interdisait le passage;
ce sang a émoussé le glaive de feu.
L’enfant Isaac, dont le nom signifie sourire, et en place duquel la
brebis est immolée, figure d’avance le joyeux mystère qui rend la vie.
Joseph sortant de la citerne où on l’avait précipité, c’est le Christ
qui remonte du tombeau, après le supplice et la mort. Il est ce serpent
qui dévore les serpents de Pharaon ; la malice du dragon n’a sur lui
aucun pouvoir. Sous le type du serpent d’airain, il guérit les blessures
du reptile enflammé.
L’hameçon qu’il présente au monstre a déchiré sa gueule avide ; l’enfant
a mis, sans offense, sa main dans le trou du serpent ; et cet antique
ennemi du monde est réduit à fuir confondu.
Les insulteurs d’Elisée, lorsqu’il montait à la maison de Dieu, ont
ressenti le courroux de celui qu’ils appelaient le chauve ; David
s’échappe des mains de son ennemi ; le bouc émissaire s’est élancé dans
sa course et le passereau a pris son vol.
Samson immole mille ennemis avec un os aride ; il dédaigne de prendre
une épouse dans sa nation ; il force les portes de Gaza ; et libre, il
va les déposer sur la cime de la montagne.
Ainsi le fort Lion de Juda brise les portes de la cruelle mort et
ressuscite le troisième jour. Il s’éveille à la voix de son Père, et
monte, chargé de dépouilles, à la patrie céleste.
Après trois jours de captivité dans ses flancs, le monstre marin vomit
plein de vie le fugitif Jonas, figure du Jonas véritable.
La grappe de Cypre refleurit : elle se dilate, elle mûrit ; la synagogue
voit se faner sa fleur, et l’Eglise épanouit sa corolle.
La mort et la vie sont entrées en champ clos ; le Christ est sorti du
tombeau, et avec lui de nombreux témoins de sa gloire. Nouveau matin,
matin joyeux, qui essuie les pleurs du soir. La vie a vaincu le trépas :
c’est le temps de se réjouir.
Jésus vainqueur, Jésus notre vie, Jésus, voie désormais facile de
l’immortalité : toi dont la mort a fait périr la mort, dans ta bonté
fais-nous asseoir à la table pascale.
Pain de vie, eau vive, vigne véritable et Seconde, nourris-nous,
purifie-nous : et par ta grâce, sauve-nous de la seconde mort. Amen.
(Séquences d’Adam de Saint-Victor). »
Dom Guéranger,
L’Année Liturgique.
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