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6 décembre 2006
« Pour nous contraindre à l’aimer, Dieu n’a pas voulu s’en rapporter à d’autres que lui ; il est venu lui-même se faire homme pour nous racheter. Saint Jean Chrysostôme fait une belle réflexion sur ces paroles de l’apôtre : Non enim angelos apprehendit, sed semen Abrahœ. Quare, demande-t-il, non dixit : Suscepit, sed apprehendit. Pourquoi Saint Paul n’a-t-il pas dit simplement que Dieu prit chair humaine, au lieu d’employer le mot apprehendit qui semble signifier qu’il la prit en quelque sorte par force ? Saint Chrysostôme répond que ce mot a été employé ex metaphora insequentium eos qui versi sunt, pour faire entendre que Dieu désirait être aimé des hommes qui lui tournaient le dos et ne lui tenaient aucun compte de son amour; ce qui fut cause que Dieu descendit du ciel et s’incarna pour se faire aimer comme par force par l’homme ingrat qui le fuyait. Nous avons vu pourquoi le Verbe se fit homme et enfant ; il aurait pu venir sur la terre, homme parfait comme le premier homme Adam ; mais la forme gracieuse de l’enfance lui parut plus propre à exciter l’amour. Les enfants par eux-mêmes se font aimer et s’attirent la bienveillance de ceux qui les regardent, c’est ce que dit Saint François de Sales : Le Verbe se fait voir sous la forme d’un enfant pour exciter plus d’intérêt chez les hommes. Si Notre-Seigneur, dit saint Chrysostôme, avait prétendu en venant sur la terre se faire craindre et respecter, il se serait plutôt présenté sous la forme d’un homme accompli, entouré de la dignité royale ; mais comme il ne cherchait qu’à gagner les cœurs, il se montra comme un pauvre enfant, né dans une caverne entré deux animaux, placé dans une crèche, étendu sur la paille, sans langes et sans feu. Oh ! Seigneur qui peut donc vous avoir porté à descendre du trône du ciel pour venir naître dans une étable ? L’amour que vous avez pour les hommes, qui de la droite du Père où vous êtes assis, vous a placé dans une crèche ? Qui, de votre royaume placé au-dessus des étoiles, vous a étendu sur cette paille ? qui, du milieu des anges, vous a conduit entre deux animaux ? C’est l’amour. Vous embrasez les chérubins, et vous tremblez de froid ! Vous soutenez les cieux, et il faut qu’on vous porte ! Vous nourrissez les hommes et les bêtes, et un peu de lait vous est nécessaire ! Vous donnez le bonheur aux autres, et vous poussez des cris, vous pleurez ! Qui vous a donc réduit à tant de misère ? L’amour. »
Saint Alphonse Marie de Liguori, Méditation pour Noël. |
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