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30 octobre 2006 « Marie est bienheureuse, parce que Dieu l’a regardée et parce qu’elle a cru. Sa foi est le fruit du regard divin. Grâce à l’opération ineffable du Saint-Esprit survenu en elle, une extraordinaire grandeur d’âme s’ajouta, dans le secret de son cœur de Vierge, à une si étonnante humilité ; et ces deux vertus, comme tout à l’heure la virginité et la maternité, devinrent deux étoiles se renvoyant leurs feux. Ni l’excès d’humilité ne diminue la grandeur, ni l’excès de grandeur n’entame l’humilité. Si humblement qu’elle se jugeât elle-même, Marie accueillit sans mesquinerie la promesse de l’ange; elle qui se considérait comme une pauvre petite servante, elle ne douta pas qu’elle ne fût réellement choisie en vue de ce mystère incompréhensible, de cette merveilleuse union, de ce secret impénétrable. Elle admit aussitôt qu’elle serait en effet la vraie mère de Dieu et de l’homme. C’est la grâce divine qui, dans le cœur des élus, réussit ce prodige d’une humilité sans petitesse d’âme et d’une générosité sans orgueil ; ces deux vertus s’allient si bien que la grandeur d’âme, non seulement n’ouvre la porte à aucune superbe, mais soutient les progrès de l’humilité ; en sorte que les élus sont les plus pénétrés de crainte du Seigneur et de gratitude pour ses largesses. Réciproquement, aucune lâcheté ne se glisse dans leur âme à la faveur de l’humilité : moins un homme a coutume de présumer de sa force dans les petites choses, et plus il lui est facile, dans les grandes, de s’en remettre à la puissance divine. » Saint Bernard de Clairvaux. |
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