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30 novembre 2006
« Marie conservait toutes ces choses, les repassant dans son cœur (Lc 2, 19). Et dans la suite : Le père et la mère de Jésus étaient dans l’admiration des choses qu’on disait de lui (Lc 2, 33). Je ne sais s’il ne vaudrait pas peut-être mieux s’unir au silence de Marie, que d’en expliquer le mérite par nos paroles. Car, qu’y a-t-il de plus admirable, après ce qui lui a été annonce par l’ange, mais après ce qui s’est passé en elle même, que d’écouter parler tout le monde et demeurer cependant la bouche fermée ? Elle a porté dans son sein le Fils du Très Haut ; elle l’en a vu sortir comme un rayon de soleil d’une nuée, pour ainsi parier, pure et lumineuse. Que n’a-t-elle pas senti par sa présence ? Et si, pour en avoir approché, Jean, dans le sein de sa mère, a ressenti un tressaillement si miraculeux, quelle paix, quelle joie divine n’aura pas sentie la sainte Vierge à la conception du Verbe, que le Saint Esprit formait en elle ? Que ne pourrait-elle donc pas dire elle même de son cher Fils ? Cependant elle le laisse louer par tout le monde: elle entend les bergers ; elle ne dit mot aux mages qui viennent adorer son Fils ; elle écoute Siméon et Anne la prophétesse ; elle ne s’épanche qu’avec sainte Elisabeth, dont sa visite avait fait une prophétesse : et sans ouvrir seulement la bouche avec tous les autres, elle fait l’étonnée et l’ignorante. »
Bossuet, Élévations à Dieu sur tous les mystères, 16, 12. |
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