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3 février 2006
A l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans le jardin un tombeau neuf où personne encore n’avait été mis (Jean, 19, 41). C’est là que ses amis secrets, joseph d’Arimathie et Nicodème, déposèrent Jésus. C’était le vendredi, au soir. Puis vint le sabbat, le lourd, accablant, irrespirable silence du sabbat. Toute l’ardente attente des siècles bibliques, toute la sainte espérance du monde semblait s’être effondrée avec la mort de Jésus. Il s’était fait connaître comme le Messie, les gens de Samarie avaient acclamé en lui le Sauveur du monde. Il était venu pour triompher du Mal sous toutes ses formes. Il était plus fort que le péché, la maladie, la mort. Avant de ressusciter Lazare, il avait dit : Je suis la résurrection et la vie. Puis on l’avait cloué sur une croix et bafoué : « Il est Roi d’Israël ! qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui » (Mt., 27, 42). Et il n’était pas descendu de la croix. Il avait même crié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt., 27, 46). Tout finissait dans le sang, et apparemment dans le désespoir. Apparemment. Car, en fait, la rédemption du monde s’était accomplie au cœur même des ténèbres de ce Vendredi saint. « Ayez confiance, j’ai vaincu le monde », avait dit Jésus (Jean, 16, 33). Oui, mais qu’elle est mystérieuse, la victoire dont il parle ! Il faudra toute la foi des fidèles de tous les temps jusqu’à la fin du monde, pour en déchiffrer la signification ; et, pour manifester que cette foi des fidèles n’est pas folie, il faudra, au matin de Pâques, le miracle de la résurrection.
Cardinal Journet |
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