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28 octobre 2006

« Douceur et humilité sont deux sœurs de lait, très particulièrement unies en celui qui disait : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. De même que la superbe est mère de la présomption, la douceur ne peut naître que de la véritable humilité. On observe l’humilité de Marie, non seulement dans sa propension au silence, mais plus distinctement encore dans ses paroles. L’ange lui avait dit : Le Saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu; elle lui répond simplement qu’elle est sa servante. Puis elle se rend chez Élisabeth, à qui l’extraordinaire faveur accordée à la Vierge avait été révélée par le Saint-Esprit et qui s’écrie, surprise de la voir arriver -. Comment se fait-il que la Mère de Dieu me rende visite ? Et, bénissant la voix qui vient de la saluer, Élisabeth ajoute : Dès que mes oreilles ont entendu tes paroles de salutation, mon enfant a tressailli de joie dans mon sein ; elle bénit encore la foi de Marie : Tu es heureuse d’avoir cru, car tu verras s’accomplir en toi les choses qui t’ont été dites de la part du Seigneur. Voilà de grands éloges, mais l’humilité de Marie lui interdit d’en rien garder pour elle-même et elle reporte tout sur celui dont on loue en elle les grâces, "Vous magnifiez la mère du Seigneur, dit-elle, mais mon âme magnifie le Seigneur. Vous dîtes qu’à ma voix votre fils a tressailli de joie, mais mon esprit a tressailli en Dieu, auteur de mon salut, et comme l’ami de l’Époux il se réjouit à sa voix. Vous me déclarez heureuse d’avoir cru, mais ma foi comme mon bonheur ont pour seule cause le regard bienveillant de Dieu, car c’est parce qu’il a baissé les yeux vers son humble petite servante que toutes les générations me proclameront bienheureuse. »

Saint Bernard de Clairvaux.

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