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28 novembre 2006
« Surtout, mortels, désabusez-vous de la pensée dont vous vous flattez, qu’après une longue vie la mort vous sera plus douce et plus facile. Ce ne sont pas les années, c’est une longue préparation qui vous donnera de l’assurance. Autrement un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasiés d’années et de jours, et que vous avez assez vu les saisons se renouveler, et le monde rouler autour de vous, ou plutôt que vous vous êtes assez vu rouler vous-même et passer avec le monde. La dernière heure n’en sera pas moins insupportable, et l’habitude de vivre ne fera qu’en accroître le désir. C’est de saintes méditations, c’est de bonnes œuvres, c’est ces véritables richesses que vous enverrez devant vous au siècle futur, qui vous inspireront de la force ; et c’est par ce moyen que vous affermirez votre courage. »
Bossuet, Oraison funèbre de Michel Le Tellier. |
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