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28 février 2006
Nous avons la liberté de faire le bien et le mal : mais de choisir le mal, ce n’est pas user, mais abuser de cette liberté. Renonçons à cette malheureuse liberté et assujettissons pour jamais notre franc arbitre au parti de l’amour céleste ; rendons-nous esclaves de la dilection, de laquelle les serfs sont plus heureux que les rois. Que si jamais notre âme voulait employer sa liberté contre nos résolutions de servir Dieu éternellement et sans réserve, ô alors, pour Dieu, sacrifions ce franc arbitre, et le faisons mourir à soi, afin qu’il vive à Dieu. Qui le voudra garder pour l’amour propre en ce monde, le perdra pour l’amour éternel en l’autre ; et qui le perdra pour l’amour de Dieu en ce monde, il le conservera pour le même amour en l’autre. Qui lui donnera la liberté en ce monde, l’aura serf et esclave en l’autre ; et qui l’asservira à la croix en ce monde, l’aura libre en l’autre, où étant abîmé en la jouissance de la divine bonté, sa liberté se trouvera convertie en amour, et l’amour en liberté, mais liberté de douceur infinie : sans effort, sans peine et sans répugnance quelconque, lions aimerons invariablement à jamais le Créateur et Sauveur de nos âmes.
Saint François de Sales, Traité de l’Amour de Dieu |
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