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26 octobre 2006

« Et dès le début, ne nous dit-on pas que les Bergers trouvèrent Marie la première ? Ils trouvèrent Marie et Joseph, et l’enfant déposé dans la crèche. Les Mages à leur tour, souvenez-vous, ne trouvèrent pas l’enfant sans Marie, sa mère. Quand elle alla présenter le Seigneur du Temple au temple du Seigneur, elle s’entendit prédire par Siméon bien des choses qui concernaient son enfant et elle-même. Et toujours nous la voyons lente à parler, prompte à écouter. Marie conservait toutes ces paroles et les repassait dans son cœur. Mais dans toutes ces occasions vous ne l’entendez pas prononcer un seul mot touchant le mystère de l’Incarnation. Pauvres de nous, qui avons toujours les narines frémissantes d’impatience, prêtes à lâcher tout leur souffle d’un coup et qui, comme dit le poète comique, fuyons par mille fentes. Tant de fois, Marie a entendu son Fils parler en paraboles aux foules, ou bien, dans le petit groupe des disciples, leur révélant les mystères de Dieu ! Elle l’a vu faire des miracles, elle l’a vu cloué à la croix, expirant, ressuscité, elle l’a vu monter au ciel. A tous ces moments-là, combien de fois a-t-on entendu la voix de cette vierge, de cette pudique tourterelle ? On lit dans les Actes des Apôtres que revenant du mont des Oliviers ils persévéraient tous dans la prière. Mais qui, tous ? Si Marie était là, il faut la nommer la première, car elle est au-dessus de tous et comme mère du Sauveur et par sa propre sainteté. C’étaient Pierre et André, dit le texte, et Jacques et Jean, puis viennent les autres noms. Eux tous persévéraient dans la prière, ainsi que les femmes, et Marie, mère de Jésus Se montrait-elle donc au dernier rang parmi les femmes, pour être nommée ainsi après tout le monde ? »

Saint Bernard de Clairvaux.

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