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18 octobre 2006

« Sur la tête, douze étoiles en couronne. Ce front est bien digne d’être ceint d’étoiles, d’autant qu’il brille d’un éclat plus vif qu’elles, et qu’ainsi c’est lui qui est leur parure. Pourquoi les étoiles ne couronneraient-elles pas la femme que le soleil a vêtue ? Comme au jour du printemps, les roses et les lis des vallées l’entouraient. Le bras gauche de l’Époux soutient sa tête et du bras droit il l’étreint. Nul ne peut estimer ces joyaux, dire le nom de ces étoiles qui sont serties dans le diadème de Marie. Déchiffrer les signes et la composition de cette couronne passe l’entendement humain. Pour ma part, sans perdre la notion de ma petitesse et en me gardant de vouloir sonder les divins arcanes, je crois pouvoir dire que ces douze étoiles figurent les douze prérogatives qui sont réservées à Marie. On peut, en effet, distinguer en elle des prérogatives célestes, charnelles et du cœur. S’il y a quatre prérogatives de chaque espèce, la multiplication me donne nos douze étoiles dont reluit le diadème de notre Reine. J’y vois étinceler d’un éclat particulier d’abord la naissance de Marie, deuxièmement la salutation de l’ange, troisièmement la survenue de l’Esprit, quatrièmement l’ineffable conception du Fils de Dieu. Et je trouve encore un rayonnement extraordinaire au premier vœu de virginité, à la maternité immaculée, à la grossesse sans fatigues, à l’enfantement sans douleurs. Enfin, il y a une lumière particulière dans la douceur pleine de réserve, la pieuse humilité, la foi magnanime, le martyre du cœur. Je laisse à votre zèle la méditation attentive de chacune de ces prérogatives, et je me contenterai ici de les expliquer brièvement. »

Saint Bernard de Clairvaux.

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