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1er décembre 2006

 

« Pour rendre la terre digne de porter et recevoir son Dieu, Dieu fait naître en la terre une personne rare et éminente qui n’a point de part au péché du monde, et est douée de tant d’ornements et privilèges, que le monde n’a jamais vu et ne verra jamais, ni en la terre, ni au ciel, une personne semblable. Elle est conçue sans péché, elle est sanctifiée dès le premier moment de son être. Elle est douée dès lors de l’usage de raison et de grâce, elle est confirmée en état d’innocence et impuissance à offenser, elle est constituée en une grâce, non seulement suffisante, mais abondante ; non seulement abondante mais éminente, et d’un tel degré d’éminence, que l’ordre de la grâce n’a vu encore rien de pareil, et sa conduite est si accomplie, que chaque moment de sa vie porte un nouvel élèvement dans l’ordre de cette grâce rare et singulière. Bien qu’elle entre comme les autres en cette vallée de misères et non en un paradis terrestre, et que cette terre d’exil soit son habitation, elle ne porte aucune marque de bannissement, mais elle porte en son âme une grâce plus grande que celle qui était au paradis et avait été donnée à Adam, comme chef de la nature humaine, pour lui et pour sa postérité. C’est trop peu dire, de chose si grande. Sa grâce est plus noble et divine que toutes les grâces qui sortiront jamais des vives sources du Sauveur mourant et du mérite de sa croix, et excède en puissance et en dignité celle-là même qui est dans les cieux; car elle tend à chose bien plus haute, elle tend non à faire des saints, mais à produire le Saint des saints, à former l’Homme-Dieu, et à établir une Mère de Dieu en l’Univers, choses toutes nouvelles et miraculeuses, même dans l’ordre miraculeux de la grâce. »

 

Cardinal de Bérulle,

Vie de Jésus

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