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6 octobre
2005 « Mes très chers frères, un homme et une femme nous ont causé le plus grand dommage; mais, grâce à Dieu, tout a été réparé par un autre homme et une autre femme, dans une merveilleuse surabondance de grâces. Le don n'est pas proportionné à la faute, et la grandeur du bienfait passe de loin le dommage subi. L'artisan très habile et très bon n'a pas brisé le vase fêlé, il l'a remodelé à notre usage et nous l'a rendu plus parfait. Du vieil Adam il en a tiré un nouveau, et il a transfiguré Ève pour former Marie. Certes, le Christ pouvait nous suffire, puisque, aujourd'hui encore, toute notre capacité vient de lui ; mais il n'était pas bon pour nous que l'homme restât seul. Il fallait, au contraire, que l'un et l'autre sexes prissent part à notre régénération, puisque l'un et l'autre avaient contribué à notre chute. Certes l'homme, le Christ Jésus est un médiateur fidèle et tout-puissant entre Dieu et les hommes, mais nous redoutons en lui la majesté divine. Son humanité s'est comme résorbée dans sa divinité, non pas que sa nature ait changé, mais parce que son rôle a été déifié. On ne célèbre pas seulement sa miséricorde, mais aussi son jugement, bien que sa passion lui ait appris la compassion, qui le rend miséricordieux, il a le pouvoir de juger. Notre Dieu est un feu dévorant. Le pécheur redoute, en s'en approchant, de périr sous le regard de Dieu comme la cire fond en présence de la flamme. Dès lors, la femme bénie entre les femmes n'intervient pas inutilement; elle a sa place nécessaire dans cette réconciliation. »
Saint Bernard de Clairvaux |